Critique : Disgaea 6 : Defiance of Destiny

Le 6e volet de la série culte de tactical-rpg japonais vient de sortir sur Switch. A quoi nous attendre avec ce Disgaea 6 : Defiance of destiny ? La recette fonctionne-t-elle toujours ?

L’histoire prend place dans différents univers tous plus variés les uns que les autres, que vous allez devoir arpenter avec votre petite troupe de personnages guidée par le héros de cet opus : Zed, un zombie. Ce héros loufoque, nerveux, et persévérant comme tout bon héros de shonen, s’évertue à vouloir tuer un super démon du doux nom de « Death-tructor divin ». Pourquoi ? Vous l’apprendrez au fur et à mesure de l’aventure mais vous le devinerez très rapidement car l’histoire est cousue de fil blanc. Ainsi, votre but va être de parcourir des univers, à la rencontre d’autres personnages farfelus (l’humour de la saga est toujours bel et bien présent), pour retrouver le Death-tructor divin, perdre, mourir, et renaître dans un nouvel univers. Enfin, vous ne « renaissez » pas, vous vous « ultra-réincarnez », ce qui en jette quand même plus !


Cette ultra-réacarnation qui sert l’histoire va également trouver un intérêt bien réel dans le jeu. Dans Disgaea 6, vous contrôlez une belle bande de personnages que vous allez devoir faire évoluer (à des niveaux démesurés), prendre avec vous dans vos missions ou laisser partir seuls à l’aventure dans le monde des objets dont je vous reparle plus bas. Pour réussir, il faut être fort, et pour être fort, il faut bien sûr s’entraîner et s’équiper, comme dans tout RPG digne de ce nom, mais également : s’ultra-réincarner. Derrière ce nom barbare, se cache un système déjà vu dans d’autres RPG, tel que Final Fantasy III, qui consiste à faire ressusciter son personnage dans une nouvelle peau, plus puissante, en le faisant repartir du niveau 1 (sans nécessairement le changer de classe comme dans FF). Ainsi, votre objectif est de créer l’armée la plus badass et le jeu vous propose tout un tas de possibilités pour y parvenir. Sans m’arrêter sur chacune des options proposées, je peux vous évoquer rapidement le monde des objets qui permet de se plonger dans un objet (oui, oui, concrètement), d’y affronter les âmes qui l’habitent et qui sont réparties sur plusieurs étages (oui c’est abstrait comme ça…), et d’arriver au sommet de la tour pour avoir le privilège de revenir dans votre camp avec le même objet ultra-boosté ; les députés que l’on peut soudoyer pour faire passer des propositions de lois qui vont pouvoir nous aider dans les prochains combats ou avoir des effets durables sur notre expérience (débloquer de nouveaux objets dans le magasin, par exemple) ; ou encore le fameux comptoir de la triche que les amateurs de Disgaea connaissent et qui permet de faire plein de réglages pour personnaliser les récompenses reçues à chaque fin d’affrontement, comme gagner moins d’argent lors d’un prochain combat pour gagner plus d’expérience.


Si je vous parle autant de la gestion de votre équipe jusqu’à présent et si peu de l’aspect tactique du jeu, c’est parce que le nouveau mode auto vient complètement remettre en question les bases de la franchise. Finies les parties de Disgaea supra-longues, à enchaîner les combats intenses et parfois difficiles. Vous n’êtes pas très doué pour positionner vos troupes ? Vous manquez de patience et/ou de temps et cela vous a toujours empêché de vous lancer dans cette franchise culte qui nécessite un réel investissement ? Ce Disgaea est fait pour vous ! Tous les combats du jeu peuvent être joués par la machine, sans que vous n’ayez rien à faire. Au fur et à mesure de l’aventure, vous pouvez même débloquer des niveaux de vitesse plus rapides auprès des députés pour que le mode auto soit encore plus accéléré. Ainsi, ce n’est pas vos talents de tacticien qui sont mis à l’épreuve ici (même si de temps en temps, on reprend le mode manuel pour faire quelques ajustements), mais votre talent de gestionnaire ! Si vous gérez bien votre équipe hors combat et vous servez correctement de toutes les options proposées par le jeu, vous pourrez littéralement poser la console, le cœur tranquille, et vaquer à d’autres occupations lors des combats. Franchement, cela m’a beaucoup surprise au début et j’avais l’impression de ne pas jouer. Mais l’aspect gestion est assez bien travaillé pour qu’on ait quand même le sentiment que la victoire nous revient même si on n’a pas participé au combat en tant que joueur. Il faut limite voir ça comme une simulation d’entraîneur, un peu à la Football Manager ! Et le jeu va tellement loin que vous allez pouvoir programmer en profondeur, grâce à l’intelligence maléficielle, toutes les actions de vos personnages en mode auto. Rien n’est laissé au hasard. Et si vous n’avez pas trop envie de vous prendre la tête, il existe aussi des sets de programmation déjà faits pour que votre personnage soit plus tourné vers l’attaque ou le soin, par exemple.


Le dernier point évoqué risque donc de déplaire aux adeptes de la licence et des tactical-rpg en général, même si ce mode auto n’est pas obligatoire (difficile d’y résister tout de même…), tout en amenant également un nouveau public vers la licence. Néanmoins c’est la seule véritable nouveauté. L’histoire, tout comme son héros, n’a malheureusement rien de bien originale même si la recette continue de marcher, servie par une musique toujours aussi variée et plaisante. Le gameplay pour les combats est le même et nous pouvons simplement constater l’ajout de la 3D, notamment dans les cinématiques des attaques plutôt bien travaillées. En parlant de l’aspect graphique, il y a des chutes de framerate sur la Switch en mettant les graphismes à fond et si l’on diminue les performances visuelles, l’ensemble est bien pixelisé. Il faut choisir entre la peste ou le choléra et il n’y a clairement pas de configuration idéale, malheureusement.


Disgaea 6 se détache donc du reste des jeux de la licence en offrant au joueur la possibilité de mettre un peu, voire beaucoup de côté, l’aspect tactique du jeu, au profit de la gestion de ses personnages, avec un mode auto pour le combats particulièrement travaillé. Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde mais personnellement, j’ai pris plaisir à essayer de former l’équipe la plus forte possible avec des personnages issues de classes variées et amusantes (comme le zombie), et à évoluer dans cet univers toujours aussi loufoque.

7

Critique réalisée sur Nintendo Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur

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