Chronique : Omega 6

                En cette fin d’année, Omake Manga nous gâte avec la sortie, en exclusivité mondiale, d’Omega 6, un one-shot de science-fiction aux dessins atypiques, que d’aucuns qualifieront de kitsch. Aux commandes de celui-ci, nous retrouvons un nom très connu du jeu vidéo made in Nintendo : Imamura Takaya (chara-designer de Star Fox, F-Zero ou encore Zelda Majora’s Mask). Pour soigner cette sortie, la maison d’édition propose une version collector contenant, entre autres, le manga intégralement en couleurs. Vous laisserez-vous tenter ?      

            Ce qu’on aime, d’entrée de jeu, dans Omega 6, c’est que l’auteur nous plonge directement dans son univers. Pas de présentations insipides, ni d’explications barbantes, l’histoire commence in medias res. Les deux héros, un gars prénommé Thunder et une nana du nom de Kyla, flottent dans une espèce de tube rempli de liquide, dans l’espace. On apprend rapidement que cela leur permet de rester jeunes et en pleine possession de leurs forces. Bien pratique, surtout que ces deux-là sont tout de suite amenés à se battre pour combattre un méchant au look falconesque sur une planète lointaine. Cette ambiance SF, apporte son lot de créatures amusantes, comme le conducteur du vaisseau des personnages principaux, sorte de grosse mouche qui jure comme un charretier du Sud avec des « Boudiou ! » et n’aime pas qu’on l’interrompe dans sa partie sur son téléphone pour lui demander de venir sauver les miches de ses compagnons. L’humour grotesque ne plaira pas à tout le monde mais l’auteur n’en fait jamais trop et ces touches de légèreté permettent au récit de ne pas sombrer dans une SF pompeuse qui se prendrait trop au sérieux.

L’ensemble est bien articulé et les explications, à travers des flash-back (difficilement identifiables au premier coup d’œil), sont claires. Sans trop spoiler, on apprend vite que Thunder et Kyla sont partis à la recherche d’une nouvelle planète alors que la Terre, envahie par les extraterrestres, est devenue invivable. Pour cette mission, ils disposent d’un atout considérable avec ces pods montrés au début, leur permettant de ne pas vieillir. Leur quête pouvant prendre quelques milliers, voire millions d’années, cela semble être un prérequis indispensable ; et cela va donner naissance à plusieurs scènes amusantes avec un vieillissement prématuré de nos personnages en plein combat, par exemple. A partir de là, l’auteur peut tout à fait laisser libre cours à son imagination et inventer tout un tas de planètes. Cependant, Imamura Takaya préfère ne pas trop s’éparpiller et garder un fil rouge ténu. Nos deux héros ont déjà jeté leur dévolu sur un astre précis mais pour s’y établir, doivent débourser une somme importante qu’ils ont la possibilité d’acquérir rapidement en devenant chasseurs de primes. Ainsi, avec cette idée, l’auteur nous épargne une recherche de planètes superficielle et sans doute peu pertinente sur 200 pages, et va droit au but tout en s’autorisant, évidemment, quelques voyages dans l’espace à la recherche d’une cible. Imamura Takaya régale ainsi les fans de SF tout en déroulant habilement sa trame, sans en faire trop. La lecture est plaisante, ponctuée de rebondissements, et les dessins collent parfaitement à l’univers avec de gros traits noirs vifs et agressifs et des personnages au design kitschouille.

            Omega 6 est donc une belle réussite qui mériterait, en ce jour de Réveillon, de trôner sous votre beau sapin. Cette aventure dans l’espace est bien contée et se laisse suivre avec un sourire de gosse figé sur le visage. En outre, on espère au fond de nous que le point final de cette histoire n’en est pas vraiment un et que l’on retrouvera un jour ces deux héros atypiques.

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