Chronique : Shark Panic Tome 1

Shark Panic est un seinen d’horreur des éditions Omaké Manga ayant pour thème, vous l’aurez deviné, les requins…ou plutôt un gros requin, visible en couverture, qui a décidé d’en découdre avec de jeunes ados. Tsukasa Saimura surfe-t-il sur l’inarrêtable vague propulsée par Les Dents de la Mer ou parvient-il à souffler un vent d’originalité sur nos bateaux ivres d’ennui face au déferlement d’insipides nanars aquatiques ?

Bon eh bien clairement, il suffit pas d’aller bien loin dans sa lecture du manga pour comprendre que nous sommes face à un beau navet. Le contexte est posé rapidement : Kaito et ses amis du lycée qui ne se sont pas vus depuis six ans décident de se retrouver pour faire une petite virée en mer. L’un d’eux a emprunté en cachette un bateau dans la boîte dans laquelle il travaille (précision qui n’apporte rien à l’histoire, comme la grande majorité des infos que l’auteur distille ici et là) et décide de se prendre pour le capitaine de la petite troupe ; assez naturellement puisqu’il est le seul à avoir des connaissances sur la mer et la navigation. Suivi de sa troupe de boulets, notre chef entreprend donc d’arpenter les mers qui jadis ont abrité un énorme requin. Et comme on peut s’y attendre, ce monstre rôde toujours et ne va pas tarder à faire son apparition sous nos yeux non-ébahis pour se repaitre de cette troupe d’ados peu attachants et particulièrement idiots.

Comme dans un bon nanar qui se respecte, les personnages jouent mal ! Ceux-ci ont bien souvent la même expression sur le visage que ce soit pour exprimer la joie, la peur ou la colère. Ainsi, un protagoniste très content de se baigner et criant son enthousiasme adopte dans le dessin exactement le même air que celui qui hurle parce qu’il est en train de se faire dévorer. D’ailleurs, ceux qui se font attaquer réagissent peu. Une case et c’est plié : même plus peur, même plus mal ! Celui qui se fait mordre méchamment et dont on a cautérisé la plaie avec un chalumeau de cuisine (!!) parvient sans problème à bouger sa jambe cinq pages après et même à tenir tête au requin plus tard dans le tome, le narguant avec un : « T’es fait comme un saucisson » ! Il s’avère aussi détendu du bulbe que cette nana qui a toujours le sourire aux lèvres et qui plonge à deux reprises dans l’eau pour voir si le requin est toujours là…. Tout ça pour rassurer son ancienne camarade un peu stressée parce que, quand même, certains de ses potes sont morts, en lui lançant un : « Mais t’inquiète, y a plus de requin ! ». C’est fini, on va pas en faire un fromage non plus ! Il est parti le p’tit requin ! Ah non, en fait, il est toujours là. Zut alors ! Il a du mal à être rassasié ! Non mais franchement, c’est tellement absurde que ça en devient presque comique, comme un bon nanar de requins en fait !

Il est vrai qu’on sourit aussi quand cette fichue corde à tout faire, arme ultime de nos compagnons, se prend malencontreusement dans l’hélice du moteur… et que c’est le gentil pote à la jambe fracassée qui bondit dans l’eau pour aller réparer le problème et qu’on lui envoie un si judicieux : « Sois prudent ! ». Merci Captain Obvious ! On va arrêter de spoiler ce manga sans grand intérêt mais nous ne résistons pas à l’envie de décerner la palme à cette pauvre fille qu’on abandonne lâchement sur une petite embarcation alors qu’elle se vide de son sang et à laquelle on conseille quand même, avec un reste d’empathie bien enfoui, de se faire un p’tit garot ! 

Le manga manque donc tellement de réalisme qu’aucune panique ne s’installe dans ce Shark Panic. Nous sommes ici en présence, malheureusement, d’un enième nanar sur les requins. Cela plaira peut-être aux grands amateurs du genre moins regardants mais il ne faut pas se voiler la face non plus : cela reste une bien piètre lecture. 

Shark Panic est publié aux éditions Omaké Books au prix de 7,50€

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