Promettant une orientation du gameplay vers l’action-RPG ainsi qu’un ton plus adulte, influencé par Game of Thrones, Final Fantasy XVI était attendu au tournant par certains, et comme le messie par d’autres. Notre expérience révèle, manette en main, un excellent jeu, qui n’est pas dénué de défauts, bien sûr, ce qui explique en partie, outre la direction choisie, qu’il puisse être résolument clivant.
Après les deux premières heures de jeu, absolument grisantes, Final Fantasy XVI donne malheureusement l’impression d’avoir abandonné son souffle épique, pour mieux rebondir par la suite et offrir de nombreux moments intenses. Et c’est là que le bât blesse : la production de Square Enix ne marque pas les esprits que par la qualité de son gameplay, de sa narration ou de sa réalisation générale, flamboyante, mais aussi par un certain manque de rythme.
Certains passages, assez mollassons, parsemés de quêtes Fed Ex, rebuteront les plus aguerris du genre RPG, quand bien même l’expérience globale est extrêmement satisfaisante. D’autant que l’orientation prise par cet épisode n’est pas pour nous déplaire, très loin de là.
Ryota Suzuki, le créateur du système de combat, a fait des merveilles, et des choix, une fois de plus, clivants, surtout en ce qui concerne l’accessibilité. Le monsieur au CV bien garni (Devil May Cry V, Dragon’s Dogma) ne pouvait qu’assurer des combats à la fois techniques et spectaculaires. Néanmoins, la possibilité de les rendre très largement automatisés, fera grincer des dents les plus aguerris, que rien n’empêchera pourtant de choisir une action bien plus intense et technique. Lors de nos parties, nous avons progressivement évincé les éléments rendant les combats plus accessibles. Nous aurons combattu avec les combos automatisés mais l’esquive totalement sous contrôle du joueur, par exemple, en désengageant les automatisations au fur et à mesure des parties pour mieux appréhender ce gameplay assez riche.
Chacun a le loisir d’y trouver très largement son compte, donc. Et se priver de ce Final Fantasy sous prétexte qu’il choisit un système de combat de ce style serait une grave erreur, puisque ce serait passer à côté d’excellents moments narratifs, ou de combats spectaculaires. Le ton adulte choisi ne dépare pas d’ailleurs d’un titre à l’intrigue assez complexe, mettant en scène de nombreux personnages aux relations riches, tant et si bien qu’il est possible de consulter une carte décrivant une chronologie des interactions et affiliations entre les divers protagonistes de Final Fantasy XVI.
Côté réalisation, même en mode performance, le titre de Square Enix flatte la rétine. Les environnements, superbes, côtoient des animations faciales de qualité, expressives, ainsi qu’un character design réussi. Concernant le sous-titrage, on regrettera une traduction française assez loin du texte anglais original (les synchronisations labiales ont été pensées pour l’anglais), ce qui en chagrinera plus d’un. Mais, encore une fois, difficile de bouder son plaisir, d’autant qu’il suffit de passer soit en VF, soit de choisir les sous-titres anglais, impeccables, pour les anglophones.
Final Fantasy XVI est beau, complexe, riche, propose une aventure palpitante, égrenée d’une action bien conçue et spectaculaire, et mérite très largement d’être vécu, admiré, apprécié, malgré ses quelques défauts. Une perle de plus au catalogue de Square Enix, qui décidément nous gâte cette année en titres estampillés Final Fantasy, qu’ils soient musicaux, remasters ou canoniques.
9
Critique réalisée sur PS5 à partir d’une version digitale fournie par l’éditeur

