Critique : Ninja Gaiden 4

2025 peut sans conteste être considérée comme une année phare pour les divertissements ninja. Ici on lance des kunais, là on oblitère ses adversaires à coups de katanas bien placés, toujours dans la joie et la bonne humeur propres au jeu vidéo en général. Pensez-donc, depuis Assassin’s Creed Shadows et sa protagoniste kunoichi en début d’année, on a pu compter sur la présence d’un retour de la franchise Ninja Gaiden en 2D, d’un remaster de Ninja Gaiden II, comme sur un nouvel épisode de Shinobi, extrêmement réussi, ainsi que sur une réédition du jeu Game Boy Advance Ninja Five-O chez Konami. Comme pendant les années Reagan, les ninjas sont partout. Leur dernière apparition en date : dans Ninja Gaiden 4, jeu qui donne un nouveau souffle à l’IP de Koei Tecmo.

Passons rapidement sur l’aspect narratif du titre développé par Platinum Games en collaboration avec Team Ninja, puisqu’il n’est qu’un prétexte à une action survitaminée. Le nouveau personnage principal, Yakumo, se confronte à l’historique Ryu Hayabusa, dans un combat du style contre la classe, sur fond de résurrection du Dark Dragon. Un programme grassement enrichi de pléthore de coups et techniques à débloquer, dans un game design présentant une nouveauté de taille : une jauge permettant de lancer des coups capables de mettre en danger même les ennemis les plus coriaces, usant de leur garde, par exemple.

Extrêmement nerveux, rapide et intense, Ninja Gaiden 4 propose aussi au rayon game design une jauge “berserk” permettant de lancer des attaques de type “bloodbath”, dévastatrices. Exit les ninpos pour Yakumo. Les combats sont d’ailleurs tellement nerveux et intenses qu’ils en deviennent parfois brouillons, mais le joueur s’y habituera et saura décrypter les faiblesses de tel ou tel adversaire assez rapidement. On pourra également reprocher au titre édité par Koei Tecmo une certaine répétitivité dans les affrontements, du fait d’un manque de variété dans les adversaires rencontrés. Les combats sont certes très plaisants, réalisés dans le respect de la licence Ninja Gaiden, mais ne proposent, en dehors des boss, qu’un challenge amoindri par rapport aux épisodes réalisés par feu Tomonobu Itagaki, par exemple. Une porte ouverte aux nouveaux venus, désireux de découvrir Ninja Gaiden en 3D ? Sans doute. Spécifions que nous avons joué à ce titre en mode normal, et qu’il existe des modes de difficulté bien plus ardus. 

Les boss, eux, restent fidèles au challenge des Ninja Gaiden des années 2000, et terminer un niveau verra le joueur attribué d’une appréciation, en fonction du temps consacré au niveau ou du nombre d’objets utilisés, par exemple. A propos des objets, ils foisonnent en mode normal et simplifient grandement l’avancée du joueur. La replay value est inhérente à Ninja Gaiden 4, puisqu’il  propose ce système de scoring. 

Côté réalisation, nous avons été conquis, quand bien même Yakumo arpente longuement les mêmes environnements d’un chapitre à l’autre. Que de progrès, par contre, ont été réalisés au niveau de la gestion de la caméra depuis les années 2000. A noter que certains éléments de level design nous ont semblé un peu superflus (le glider). 

Mais alors, pourquoi autant encenser et conseiller Ninja Gaiden 4, au vu des défauts abordés dans les lignes précédentes ? Tout simplement parce qu’il présente un facteur fun très réussi. On se surprend à apprécier ces joutes survoltées, saupoudrées de style et de classe, au même titre qu’on prend un plaisir fou à jouer à Devil May Cry ou Bayonetta, par exemple, sans trahir l’esprit Ninja Gaiden. Le mètre-étalon de la série reste tout de même l’indétrônable Ninja Gaiden Black, bien sûr, mais la proposition de ce quatrième épisode canonique en 3D est rafraîchissante et bienvenue.

 Certes pas exempt de défauts, Ninja Gaiden 4 propose cependant une formule rafraîchie de par quelques ajouts bienvenus de game design, ainsi qu’un facteur fun indéniablement réussi, qui rend le titre édité par Koei Tecmo infiniment recommandable. La recette Platinum Games fait mouche, une fois de plus. 

Critique réalisée à partir d’une version fournie par l’éditeur, sur Xbox Series X et PC Windows

Laisser un commentaire