L’histoire du ZX Spectrum est intimement liée au succès des jeux vidéo au Royaume-Uni depuis le début des années 80. Initiateur du phénomène Britsoft, son prix très abordable contribua à l’émergence de bon nombre de développeurs talentueux outre Manche. Grand Theft Auto, WipEout, Little Big Planet ou Perfect Dark n’auraient vraisemblablement jamais vu le jour sans l’avènement de cet ordinateur mythique pour les britanniques. Une réédition de cet ordinateur est d’ores et déjà disponible.
Imaginez 2,5 millions de foyers équipés en 6 ans, un véritable record dans les années 80, et au moins autant de jeunes esprits talentueux, avides de hack et de programmation, exprimant un certain esprit punk en programmant sur les claviers de leurs Spectrums. Les difficiles années Thatcher auront au moins eu le mérite d’abriter le mouvement Britsoft.
Un esprit “British” se retrouve d’ailleurs très clairement dans la ludothèque de l’ordinateur, vendu en version 48k ou 128k. Ne seraient-ce que des titres comme Skool Daze ou Jack the Nipper (présent de base dans cette réédition du Spectrum), qui dépeignent une société anglaise ancrée dans cette époque.
Redécouvrir ou appréhender pour la première fois des titres comme Ant Attack, l’un des précurseurs de la 3D isométrique, ou Exolon, sorte de run and gun au gameplay aussi agréable qu’exigeant, font partie des nombreuses surprises que recèlent cette réédition. Près de 50 titres sont disponibles de base dans la machine, au clavier au toucher “caoutchouc”, quand des roms dumpés peuvent être ajoutés via une clé USB fournie.





Cette époque bénie pour le jeu vidéo avait la particularité de n’offrir que peu d’espace ou de temps aux programmeurs et graphistes pour faire tester leurs titres. Les difficultés des jeux s’en trouvaient donc exacerbées, et The Spectrum pallie, comme bien d’autres systèmes de retro gaming aujourd’hui (nous pensons à l’Evercade, ou aux diverses compilations de jeux Mega Drive, ou aux consoles “mini”) à cette difficulté, par des options de sauvegardes de parties à n’importe quel moment.
Certains préféreront ne jamais les utiliser, arguant que cela trahirait les objectifs des développeurs. Peut-être ont-ils raison, quand bien même ces développeurs avaient parfois tellement la “tête dans le guidon”, dépourvus d’un regard extérieur, que leurs œuvres en devenaient trop ardues. Toujours est-il que The Spectrum donne le choix au joueur d’utiliser ou non cette possibilité.
Le hardware est de qualité, et la reproduction agréable à l’œil. On regrettera peut-être la mention “retro” au-dessus du clavier, qui le rend tout de suite moins authentique. Le stick, quant à lui, fait un bruit de tous les diables : son cliquetis reste donc parfaitement authentique.
Un exemplaire spécial de la version moderne du magazine Crash est intégrée au packaging, permettant de profiter de critiques de jeux rédigées par les plus éminentes plumes du milieu.
On aimerait tant une réédition de l’Amstrad CPC, immense succès en France dans les années 80 de cette même, fort belle manière.
Gageons que cette réédition de l’ordinateur lancé par Clive Sinclair en 1982 ne touchera pas autant de foyers qu’à l’époque, mais se permettra d’offrir aux joueurs vétérans une machine fonctionnelle au doux parfum de nostalgie. Les nouveaux venus, curieux de voir ce qu’il était possible de réaliser avec les moyens du Spectrum, pourront profiter de game designs aussi originaux que variés.

