KILL or be KILLED, journal d’un serial killer

L’industrie des comics s’est souvent intéressée au cas de l’intimité de psychopathes divers et variés, oeuvrant par besoin d’améliorer la société (Spider-Man ou Batman et leurs traumas en sont des exemple) ou par pure démence (The Punisher, pour ne citer que ce comic book). Les monologues intérieurs nous livrant les aspérités les plus surprenantes de la psychologie de ces personnages de bande-dessinées sont plus que fréquents. La grande force du travail d’Ed Brubaker sur Kill or be Killed est de mettre en scène un « vigilante » (redresseur de torts masqué) ancré dans un quotidien new-yorkais criant de vérité, tant et si bien que le lecteur peut facilement s’identifier à ce protagoniste principal.

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Dylan est un étudiant dépressif médicamenté en retard de quelques années sur son cursus qui rate une tentative de suicide par une nuit hivernale. Alors pris de visions, il signe un pacte avec un démon, exigeant la mort « méritée » d’une personne par mois en échange de sa survie. De meurtre de pervers sexuel en assassinat de mafieux russe, la trame de Kill or be Killed nous happe dans les méandres de la psyché de « Monsieur Tout le Monde » devenant serial killer de par une intervention dont on ne sait si elle est le fruit de son imagination délirante ou une réalité. Brubaker joue beaucoup sur ce doute au fil des épisodes. On se souvient du Kick-Ass de Mark Millar, qui nous plongeait dans un univers assez semblable (jeune vigilante) mais bien moins réaliste et beaucoup plus gore et humoristique que le comic book dessiné par Sean Phillips, d’une noirceur insondable.

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Brubaker, dont la plume n’est plus à décrire dès qu’elle traite de roman graphique policier ou de roman noir, décrit ce serial killer malgré lui (le doute est permis) comme sujet au repentir dès que ses meurtres tournent au désastre et qu’il y a des dommages collatéraux, ou encore justifiant ses actes de par les crimes commis par ses victimes. Il doit faire face à des forces de l’ordre le plus souvent à côté de la plaque ou à la mafia russe, plus efficace dans sa recherche dans un comic book montant en puissance d’un fascicule à l’autre. Le lecteur blasé pourra ne pas être séduit complètement dès les premières pages, mais se verra happé par après, tant le livre recèle des moments de tension palpable inestimables, relatifs à la vie amoureuse de Dylan, aussi bien qu’à sa descente aux enfers psychologique.

Kill or be Killed est à conseiller aux amateurs de personnages « vigilante » psychopathes en introspection psychologique, aux aficionados de romans graphiques sombres et violents. Les âmes sensibles et les plus jeunes passeront leur chemin, et pourront se tourner vers les arcs de Daredevil ou Catwoman écrits par le même auteur, tout aussi excellents. Un must-have, qui ne dévoile ses atouts qu’après quelques épisodes.

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