World of Illusion sur Mega Drive, le platformer au casting Disney

Après les blockbusters Castle of Illusion et Quackshot mettant en exergue respectivement Mickey Mouse et Donald Duck dans des jeux de plate-forme en solo, SEGA décide de produire un soft qui permettrait à deux joueurs de coopérer dans un univers Disney des plus atypiques. Les personnages jouables disponibles sont donc Mickey et Donald, que l’on fera évoluer tout au long de niveaux en étroite relation avec la magie, sa féérie et ses travers. 

Nos deux héros, magiciens de leur état, se retrouvent projetés dans un monde parallèle par un puissant et maléfique sorcier (Pat Hibulaire au casting) et devront affronter diverses épreuves toutes plus variées les unes que les autres pour finalement rejoindre leur quotidien routinier d’illusionnistes. C’est donc à un univers complètement déjanté et surréaliste que nos deux comparses vont se frotter: cartes à jouer vivantes ( qui a dit « Alice in Wonderland »), dragons miniatures (« Eliott le Dragon »), requins agressifs, sorcières chevauchant des balais (« Merlin l’ Enchanteur ») et autres personnages plus loufoques et délirants les uns que les autres. Toutes les références aux long-métrages Disney sont plaisantes, et contrôler Donald et son impossible caractère ou Mickey et son sourire niais et béat tout au long des différents niveaux est l’un des points forts du soft.

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Ce ne sont plus le fessier de Mickey ou les ventouses de Donald que l’on a à disposition comme armement cette fois, mais carrément un drap magique ayant un effet à plus ou moins longue distance: au quasi-contact, le drap transforme les adversaires en plantes ou en crevettes inoffensives, et l’allonge maximum permet d’immobiliser les ennemis un bref instant dans un scintillement d’étoiles. Chaque boss vaincu permet l’obtention d’un pouvoir magique supplémentaire: bulle géante permettant de se déplacer sous l’eau, possibilité de se téléporter en certains endroits, invocation d’un tapis volant, ajoutant de la variété à un gameplay et des niveaux déjà très éclectiques. Mais l’ultime touche postmoderne du jeu est son mode coopératif, extrêmement rare en 1992. A deux joueurs, le titre prend une saveur complètement différente: certains endroits uniquement accessibles à Mickey le deviennent pour Donald après entraide, la physique des sprites est bien réalisée (les comparses peuvent se soulever l’un l’autre), une fois projeté à un niveau supérieur, Donald peut déployer une corde pour y faire monter Mickey et inversement. Le contrôle des personnages nécessite un temps d’adaptation et se révèle parfois frustrant (on est loin tout de même de l’horreur absolue qu’était Fantasia à ce niveau là): il faut s’acharner sur le bouton de saut pour déplacer un personnage dans les airs ou sous l’eau par exemple, ce qui ne permet qu’un contrôle vraiment aléatoire.

Sur le plan du design, World of Illusion n’a rien à envier à ses prédécesseurs: les couleurs vives et les décors relativement riches en détails font honneur aux titres Disney de cette époque bénie des Dieux. Particulièrement bien animés, dans un rendu proche du cartoon, les divers sprites sont bluffant de réalisme, si l’on peut dire: Donald, fidèle à lui-même, rouspète, se tortille et se dandine comme le célèbre canard qu’il est.

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Les musiques sont assez décevantes, par contre, on est malheureusement bien loin de Castle of Illusion ou Quackshot, mais correspondent malgré tout aux divers niveaux du jeu: forestier, aquatique… Les bruitages sont pauvres et sans envergure, seuls les divers sons émis par Donald ou Mickey sont dignes d’intérêt et rendent hommage aux cartoons.

Le plus gros défaut de la cartouche est sans aucun doute sa durée de vie, amputée d’autant plus par un système de mot de passe et de continues infinis: il ne faut pas plus de deux heures pour finir le jeu, trois heures grand maximum, mais on y revient avec plaisir, en solo ou à plusieurs, ne serait-ce que pour la qualité graphique du titre et son côté enchanteur. En sus, ce platformer est assez facile, mis à part quelques passages relativement insurmontables et nécessitant de très bons réflexes (je pense au chariot de la mine abandonnée). Le dernier niveau ainsi que le boss final sont par contre d’une facilité déconcertante.

Palme d’or pour son gameplay coopératif postmoderne et ses niveaux variés, World of Illusion pêche par une durée de vie trop courte. Les situations in game sont pourtant séduisantes et rendent hommage à l’univers Disney dans son ensemble (melting-pot de références en tous genres). Malgré tout, le plaisir procuré n’est pas aussi immense que dans un Quackshot ou un Castle of Illusion, ou recommencer le jeu pour en venir à bout est un réel régal. Dommage, donc, que le challenge ne soit pas au rendez-vous.

Article publié en 2009 sur Oldiesrising.com

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