Critique de Days Gone : Contemplons l’Oregon

Bend Studio, déjà auteur de Syphon Filter ou de la version portable d’Uncharted (sur PS Vita) s’est lancé le défi de développer un jeu s’inspirant aussi bien de thèmes classiques comme la survie en milieu post-apocalyptique infesté de zombies que de séries du type Sons of Anarchy décrivant les relations entre gangs rivaux de motards américains. Empruntant beaucoup à des titres comme The Last of Us ou Tomb Raider (le reboot, pour l’aspect survie et exploration) Days Gone prend le pari risqué de chercher à convaincre un public blasé par le genre. Y parvient-il ? Réponse dans les lignes qui suivent.

 

La narration et la mise en scène, dans un premier temps, surprennent le joueur découvrant le jeu. La séquence cinématique initiale semble comme trop abrupte pour être honnête, et les transitions entre séquences de gameplay et cinématiques manquent de fluidité. Les pièces du puzzle s’assemblant au fil de la partie, le joueur comprend mieux cette première séquence qui semble sortir de nulle part et la pilule passe mieux, on pardonne alors à la narration son manque de rythme. Autre défaut majeur du titre, les bugs, trop nombreux, nuisent parfois à l’immersion. Il n’est en effet pas rare de voir telle ou telle collision complètement saugrenue, ou tel ou tel personnage s’enfoncer sous terre par exemple. Dommage, mais les multiples mises à jour du titre ont tout de même arrangé cette situation.

Visuellement, surtout sur PS4 Pro (nous avons eu la chance de jouer aux deux versions), Days Gone se contemple des heures durant, et se déplacer à moto dans des décors fourmillant de détails et subissant la météo ainsi que des cycles jour/nuit est un réel délice, d’autant que la conduite, après quelques améliorations du véhicule, offre des sensations plus que sympathiques. Il est possible d’utiliser le frein à main afin de déraper, par exemple, et une fois maîtrisée, cette technique permet de se sortir souvent de situations délicates. Car les balades à bécane ne sont pas de simples moments de contemplation de l’Oregon, mais présentent bel et bien un enjeu de survie, tant cet univers post-apocalyptique présente de risques : mutants dispersés ça et là ou se déplaçant en hordes de plusieurs dizaines, sectateurs avides de torturer leurs proies parfois armés de fusils sniper, loups mutants aussi rapides que dangereux…

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La faune et la flore sont également utiles à Deacon, notre héros biker. Les camps rivaux offrent des possibilités de troc ou de revente d’objets, et l’on peut gagner en confiance auprès de ces factions en apportant plus d’ingrédients de cuisine par exemple, résultant de chasse ou de cueillette. La bande-son réserve quelques bonnes surprises, et quand bien même les musiques de fond semblent anecdotiques, lors de certaines séquences une chanson folk vient se greffer à l’action, ce qui est du plus bel effet. Le jeu ne surprend pas tellement par son gameplay ni son level design (presque en open world) par contre, tous deux inspirés des classiques du genre. Les séquences d’infiltration laissent parfois songeur quant à la qualité de l’IA, très permissive. L’originalité du titre vient bel et bien de l’ambiance biker et de l’emploi de la moto, offrant la possibilité de balades contemplatives du meilleur acabit.

 

Days Gone est réellement plaisant à jouer, malgré ses quelques défauts. Il est à déconseiller aux âmes sensibles, certes, mais satisfera les joueurs avides d’évoluer dans des décors post-apocalyptiques somptueux lors de longues virées à moto, contemplant ici une rivière reflétant les rayons du soleil, là un charnier parsemé de mutants rôdeurs. Car Days Gone est magnifiquement réalisé, et on s’émerveille encore des effets de lumière dans les tunnels par exemple, ou des effets de fumée dus aux diverses explosions. Un véritable régal pour les yeux… et les oreilles, puisque l’ambiance sonore n’est pas en reste.

 

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