Critique : Pillars of Eternity 2

Sorti il y a près de 2 ans déjà sur PC, Pillars of Eternity 2  accoste enfin sur Xbox One et PS4. Avec ce deuxième volet qui est une suite directe du premier Pillars of Eternity, les californiens d’Obsidian nous renvoient dans le monde d’Eora. Mais cette fois c’est sur les îles et les eaux de l’archipel du Feu Eteint que nous retrouvons notre Gardien à la recherche du Dieu Eothas, bien décidé à marquer de ses empreintes (au sens littéral du terme) les différentes îles de cet archipel.

Tout comme son prédécesseur et ses cultissimes ancêtres tels que les Baldur’s Gate, Pillars of Eternity 2  est en 3D isométrique. La nouveauté qui vient s’ajouter avant même le début du jeu est le choix entre des combats au tour par tour ou avec la traditionnelle pause active.

Oh mon bateau…

Après le passage par la case création de votre gardien, encore une fois très généreux et complet, l’aventure débute sur une des très nombreuses îles du Feu Éteint. Très vite, vous ferez à nouveau la rencontre d’Eder, déjà présent dans le premier opus. Comme dans tout bon RPG qui se respecte, vous pourrez recruter plusieurs aventuriers avec lesquels vous aurez diverses interactions possibles ainsi qu’une quête affiliée à chacun d’entre eux. A cela s’ajoute des acolytes, même chose que pour les aventuriers sauf qu’eux ne possèdent pas de quête personnelle. Mais libre à vous d’envoyer tout ce beau monde valdinguer sur les mers et de faire votre propre équipe de 5 de A à Z.

Gros changement par rapport au premier épisode, point de château ici, Eothas en ayant fait du petit bois. A la place, vous pourrez, après quelques heures de jeu sur la première île, bénéficier d’un bateau qui vous permettra enfin de partir explorer la totalité de l’archipel du Feu Eteint. Comme pour le château de Caed Nua de Pillars premier du nom, vous pourrez améliorer vos différents navires ainsi que recruter au fil de vos pérégrinations les marins nécessaires (matelot, cuisinier, chirurgien, canonnier, etc. ).

Une ode au voyage et à la découverte

Un peu poussif dans son commencement, le jeu nous plonge ensuite totalement dans son histoire et les aventures qu’il propose. Bien qu’un poil moins verbeux que son grand frère, Pillars of Eternity 2  demeure un jeu où il faut lire, beaucoup lire. Mais à aucun moment cela ne freine ou dessert l’aventure tant Obsidian nous expose une fois de plus leur talent quant à la narration d’histoires. Un bémol cependant, la complexité de cet univers, que ce soit la trame principale ou les différentes guerres intestines liées aux clans et factions peuvent parfois nous faire perdre le fil, même aux joueurs initiés. Ajoutez à cela son lot de quêtes secondaires, de personnages et de lieux à découvrir pour vous donner une idée de la tâche qui vous attend. Mais cela est vite oublié grâce à son gameplay et à sa réalisation aux petits oignons. Chaque carte, île, caverne et j’en passe est un plaisir pour les yeux. On sent à travers l’ensemble le souci du détail et la passion du genre du studio californien. Accompagné(e) à nouveau par les musiques sobres mais de haute qualité de Justin Bell, vous voilà prêt(e) pour une expérience des plus immersives. De plus, un codex est là pour vous aider à vous retrouver dans tout ce petit monde.

A noter également le remarquable travail effectué pour le jeu à la manette. Même si les combats sont parfois encore trop brouillons voir à la limite du lisible lorsqu’il y a beaucoup d’ennemis à l’écran, tous les personnages répondent au doigt et à l’œil. L’accès aux sorts et capacités est extrêmement bien pensé et rapide et la pause active vous permet d’enchaîner avec brio les différentes phases de jeu.

Quelques ombres au tableau de l’immersion tout de même, Pillars of Eternity 2  ne délivre malheureusement aucune vf audio, seule une traduction des textes, qui comporte ça et là quelques ratés, est présente.

Deuxième souci, le nombre bien trop important de chargement entre les zones. Bien qu’ils soient de courtes durées notamment sur Xbox One X, ces chargements parfois s’enchaînent et peuvent clairement vous faire sortir du jeu.

A l’abordage !!! Ou pas…

La grosse nouveauté de ce Pillars of Eternity 2  est la possibilité de se livrer à des batailles navales, sur ce point là c’est un échec total. Les combats sont ennuyeux à mourir et n’ont aucun intérêt. Par ailleurs, les bateaux que vous coulerez ne vous rapporterons rien ou presque. Bref, ils se finiront à chaque fois par une attaque frontale avec bataille sur le pont des navires, ayant pour effet d’engranger bien plus de récompenses.

Bien que l’on aurait souhaité un ou deux donjons de plus bien sales, bien sombres et une plus grande prise de risque par rapport au premier jeu, on ne peut que saluer le travail accompli par Obsidian. Pillars of Eternity 2  est un excellent jeu possédant un univers et une ambiance qui donne envie de s’y plonger de longues heures durant. Même 20 ans plus tard, l’ombre de Baldur’s Gate plane toujours sur le RPG « vieille école ». Malgré cela, et même si elle n’est pas au niveau de son glorieux aîné,  la saga Pillars of Eternity  est une licence avec laquelle il faudra, j’espère, compter encore longtemps. Bravo Obsidian.

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