Critique : Fairy Tail

Un jeu adapté d’un anime ! Chouette ! Ce n’est pas un énième jeu de combat et le manga n’a jamais vu le jour dans le monde vidéoludique européen ? C’est encore mieux ! Voilà ma réaction à l’annonce de la venue de Fairy Tail sur PC et consoles  (Xbox One mise à part, malheureusement…) dans notre cher hexagone. Friande de RPG japonais au tour par tour, c’est avec joie que je me suis lancée, pour vous, dans le test de Fairy Tail sur Switch.

                Pour les connaisseurs, Gust, le studio en charge du jeu, est également à l’origine des différents jeux Atelier dont le dernier Atelier Ryza, disponible sur Switch, qui possédait pas mal de qualités. Dès le début du jeu, nous pouvons donc retrouver quelques similitudes comme le déplacement d’une zone à une autre via la carte du monde, les monstres visibles qui se baladent sur la map et qu’il suffit de toucher (idéalement, de frapper) pour lancer les combats ou encore les objets disséminés à droite, à gauche, repérables par un halo de lumière, que vous ne cesserez de ramasser. Cependant, ici, pas question de crafter quoi que ce soit. Les objets vous serviront à résoudre des quêtes secondaires de type livraison (et elles sont nombreuses) distribuées régulièrement par des PNJ disséminés dans toutes les zones de la map ; ou bien à rénover la guilde…et ce sera d’ailleurs, une de vos principales missions.

                L’histoire débute lors du combat de notre chère guilde contre le méchant Hadès. Le jeu est à peine lancé que l’on est plongé dans un combat épique. Fortement guidés, bien évidemment, nous découvrons quelques magies surpuissantes et apprécions immédiatement jouer avec les personnages emblématiques du manga. Pour ceux qui ne connaissent pas du tout l’univers, le démarrage risque de sembler un peu rude. Il faut savoir que le jeu débute par la fin d’un arc et l’histoire commence réellement au début du suivant  (saison 3, épisode 123 pour l’anime, tome 30 pour le manga), après une ellipse de 7 ans lors de laquelle les principaux membres de Fairy Tail avaient disparu, avec l’île Tenrô, suite à l’attaque du terrible Acnologia. Certes, il est parfois fait référence au « début » de la saga mais de façon beaucoup trop évasive pour qu’un néophyte puisse bien comprendre l’épopée. Personnellement, j’ai même eu du mal à suivre un peu au début car mes souvenirs du manga commençaient à dater. Mais, malgré tout, à partir du moment où le tournoi débute, la narration est sans cesse soutenue et le joueur se trouve vite happé par l’univers (tant et si bien que je me suis lancée dans l’anime disponible sur Netflix !). Il faut dire que le jeu est très fidèle au manga et cela est très appréciable. On prend un plaisir fou à contrôler les différents membres de la guilde et c’est tant mieux car les développeurs n’ont pas été avares : il y a en tout 16 personnages jouables à débloquer au fur et à mesure de l’aventure. On en débloque beaucoup au début puis il faut attendre le chapitre 7 (sur 8) pour avoir les autres, pour des raisons de cohérence avec l’histoire. C’est d’ailleurs pour permettre au joueur de profiter pleinement des personnages emblématiques de la saga que le jeu ne débute pas au tome 1. Les développeurs se sont servis de l’ellipse présente dans le manga pour faire commencer le joueur avec beaucoup de personnages qui ont néanmoins perdu quelque peu leur magie à cause de leur inactivité pendant 7 ans. Nous devons donc  reconstruire petit à petit la guilde avec eux et leur faire recouvrer leurs pouvoirs d’antan. Notons également qu’il est possible, assez rapidement dans le jeu, de combattre avec 5 personnages dans notre équipe. C’est tout de même beaucoup pour un RPG japonais et il est important de le préciser.

                Et parlons justement des combats, le nerf de la guerre (sans mauvais jeu de mots !) ! Nous sommes ici dans un RPG très classique, au tour par tour. Lors des combats, les trois principales options qui s’offrent à vous sont donc : Attaquer / Magie / Objets. Comme nous sommes dans l’univers de Fairy Tail, autant vous dire tout de suite que vous ne choisirez presque jamais l’action « attaquer ». Vos personnages étant des mages, l’action « Magie » sera la plupart du temps la seule que vous utiliserez. Le jeu a donc fait en sorte que chaque personnage dispose de plusieurs sorts que vous débloquerez et ferez évoluer au fur et à mesure de votre prise de niveaux. De plus, vous avez des PM (points de magie) en grande quantité et tomberez rarement à cours. Vous pouvez donc vous donner à cœur joie à l’envoi de sorts à tout va ! Par ailleurs, les cinématiques lancées pour chaque sort procurent toujours un plaisir visuel et sonore. On a vraiment l’impression que nos attaques sont surpuissantes tant leur rendu est explosif. Cela est important pour un jeu où vous allez passer la majeure partie de votre temps à vous battre. Notons tout de même que, pour les plus pressés, il est possible (en appuyant sur le joystick droit) de passer les cinématiques systématiquement lors des combats. Seuls les dégâts infligés seront alors indiqués. Je vous déconseille tout de même de le faire dès le départ car vous perdrez un peu le sel du jeu qui vous propose de vous immerger dans la peau des mages. Sans les cinématiques, la catharsis est évidemment bien moins efficace. Par ailleurs, il faut bien avoir à l’idée que vous ne trouverez pas dans ce jeu un gameplay révolutionnaire ou même un RPG au tout par tour digne d’un Dragon Quest. Nous sommes ici en présence d’un gameplay ultra classique mais très efficace pour qui aime ce type de jeu et ne rechigne pas devant des combats répétitifs. Ainsi, il n’y a rien de bien compliqué et pour progresser, il vous suffira de faire prendre de l’expérience à vos personnages en enchaînant les quêtes proposées par la guilde. Cependant, les quêtes en question sont peu variées et il s’agira presque toujours de battre un ou plusieurs monstres. Et là est le principal défaut du titre : il n’y a qu’une dizaine de monstres différents. Seuls les couleurs sont changées mais vous retrouverez toujours les mêmes : un loup, une sirène, un oiseau, un homme méchant… Visuellement, c’est un peu fatigant d’affronter toujours les mêmes mobs. Heureusement, l’histoire nous offre des affrontements souvent plus variés et plus épiques contre des personnages du manga. Pour ne pas se lasser, je vous conseille donc vivement d’alterner les quêtes disponibles sur le tableau dans l’un de vos QG (oui, il y en aura deux) et la quête principale. Cette dernière vous demandera d’ailleurs parfois un certain niveau de personnage ou un positionnement précis de votre guilde pour pouvoir continuer. Le jeu vous pousse donc à alterner farming et histoire.

                En dehors des combats, vous passerez du temps à remplir les missions de livraison données par des PNJ ou à améliorer votre guilde. Pour ce faire, il vous faudra débourser beaucoup d’argent (que vous gagnez principalement en participant aux quêtes proposées sur le tableau) et donner quelques objets récupérés, pour la plupart, à l’issue de combats lambda contre des mobs. Vous aurez aussi à charge de nouer des relations avec les différents membres de la guilde, un peu à la façon du dernier Fire Emblem sur Switch. Parler à vos camarades vous permettra soit de les embaucher dans votre équipe, soit d’améliorer votre lien avec eux pour débloquer des attaques de groupe (coopération magique) ou vous permettre d’augmenter le rang de vos personnages (qui permet de débloquer des compétences passives ou différentes tenues). Vous l’aurez compris, il y a tout un tas de choses à débloquer et c’est la force du jeu. On a envie de tout faire pour découvrir de nouvelles techniques, de nouveaux vêtements et surtout de nouveaux personnages. Le jeu saura tout à fait ravir les fans tant il se montre généreux. Il y a même la maison de Lucy dans laquelle séjourne Plue qui vous offrira des récompenses si vous lui donnez des bonbons trouvés sur les différentes zones de la map. Les nombreuses scénettes sont toujours un plaisir et j’ai rarement eu le cœur à les passer.

                Parlons enfin d’une chose qui peut fâcher : les graphismes. Je précise « qui peut fâcher » car personnellement, je m’en suis très bien accommodée. Certes, les textures  des environnements sont souvent très floues, le game design répétitif et l’ensemble paraît quelque peu daté (certainement plus sur une tv que sur la switch lite portable avec laquelle j’ai testé le jeu) mais les personnages sont eux, haut en couleurs et bien modélisés. Et puis, si on joue à Fairy Tail, c’est davantage, encore une fois, pour avoir le plaisir d’incarner Natsu, Grey, Erza ou encore Gérald, que pour s’en prendre plein la vue (dans ce cas-là, passez votre chemin et foncez sur Last of us part. II ! ). Oui ce n’est clairement pas du niveau d’un Dragon Quest XI mais pour une adaptation de manga, cela fait l’affaire ! Les musiques sont elles aussi agréables (bien qu’un peu répétitives à la longue) et correspondent parfaitement à l’univers de la saga.

                Pour conclure, je conseillerais Fairy Tail à tout fan (ou moins fan) du manga. Malgré les quelques défauts soulignés dans ce test qui se résumeront à la répétitivité du titre, le jeu s’est avéré très plaisant à jouer et j’y ai passé plusieurs dizaines d’heures très appréciables (il vous faudra une bonne vingtaine d’heures pour finir l’histoire). Si le RPG, en soi, ne restera pas gravé dans les annales, Fairy Tail reste une très bonne adaptation de manga ; et cela n’est pas négligeable quand on voit le peu de jeux de ce genre qui arrivent jusqu’à nous…avec une traduction française, qui plus est !

7

Critique réalisée sur Nintendo Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur

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