Critique : Dirt 5

Codemasters avait profité de l’inside Xbox de mai 2020 pour dévoiler le dernier né de leur licence Dirt. Si d’entrée de jeu nous avions pu entrevoir le virage visuel avec un opus beaucoup plus flashy et coloré c’est surtout le désir de faire un jeu clairement axé arcade qui questionnera certainement une bonne partie des fans. Alors sortie de route ou virage maîtrisé ?

À fond dans l’arcade ?

Si Dirt 4 avait le capot entre deux chaises, entre arcade et simulation ne sachant pas vraiment sur quel terrain se démarquer, le doute n’est plus permis ici, Dirt 5 est bel et bien axé sur le tout arcade. Pour la simulation, nous vous conseillerons plutôt de vous diriger vers Dirt Rally. Ce Dirt 5 propose clairement une formule à base de fun et de plaisir immédiat plutôt qu’une formule exigence et discipline.

Et ce nouveau choix fonctionne plutôt bien, on trace la route pied au plancher avec un petit coup de frein de temps à autre, on enchaîne les courses sans réfléchir, que l’on fonce ou non dans les décors ou les adversaires n’a que peu d’importance. À part des dégâts cosmétiques légers, votre mécanique ne risquera rien. Le but est ici de foncer. Alors certes pour le réalisme on repassera mais jugeons ce Dirt 5 sur ce qu’il est plutôt que sur ce que l’on aimerait qu’il soit.

Dirt 5 propose un mode carrière plutôt banal où s’enchaînent courses sur courses sans vraiment de liens entre elles ni de logique de progression. Alors certes créer un mode histoire/aventure pour un jeu de voitures n’est certainement pas des plus simple mais celui là manque cruellement d’ambition et reste peu intéressant. On traverse les 5 chapitres sans réfléchir avec la plupart du temps des courses à 12 sur 3 tours entrecoupées d’épreuves spéciales. Nous aurions souhaité un peu plus d’originalité en lieu et place de cette accumulation de courses sans aucun enjeu et ma foi bien terne. 

Voyage voyage

Codemasters opte pour leur dernier jeu de courses pour un ton flashy et extrêmement coloré, en plus des carrosseries, les couleurs aussi explosent un peu partout pour un rendu final de toute beauté. Effectivement l’ensemble est assez bluffant et sans être une claque graphique les effets de lumière et la tonne de particules ont de quoi flatter nos rétines. Ajoutons à cela une météo dynamique, un florilège de paysage allant du Brésil à la Norvège en passant par le Népal, l’Italie et bien d’autres encore.

Un bémol tout de même au niveau des voitures, nous avons le sentiment de conduire un rectangle posé sur 4 roues, la physique des voitures est largement en-dessous des standards actuels et on ne ressent malheureusement que peu de sensations de vitesse ou de changement de revêtement. Alors bien que le fun soit instantané, aussi bien en termes d’accessibilité, nous ressentons à notre grand désarroi un sentiment d’ennui et avons le sentiment d’avoir touché à l’ensemble du titre bien trop rapidement. La faute aussi à un niveau de difficulté bien trop faible qui certainement bridera la motivation des joueurs de vouloir se surpasser.

Par contre pour les aficionados de la personnalisation, Dirt 5 ne sera pas avare en autocollants, peinture etc, de quoi vous amuser afin d’obtenir des bolides vraiment uniques.

En fin de compte et malgré ses défauts Dirt 5 est loin d’être mauvais. Au contraire, les premières heures de jeu sont incontestablement emplies de plaisir immédiat. On accroche tout de suite et la variété des paysages nous donne envie de continuer. La question est: sera-t-il possible pour le dernier bébé de Codemasters de tenir les joueurs sur la longueur ? Rien n’est moins sûr, le jeu pêchant par une simplicité criarde qui lassera et un manque d’originalité béant qui laissera de nombreux joueurs sur le côté de la route. A notre grand regret car le potentiel est pourtant bien là.

6

Critique réalisée sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par l’éditeur

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