Critique : The Falconeer

Voilà un titre très original qui débarque au lancement des Series X et S. Certes moins tape-à-l’œil qu’un Gears Tactics ou qu’un Yakuza 7, le discret The Falconeer fait pourtant bel et bien partie du lancement de la next gen version Microsoft.

Shooter aérien, Falconeer vous plonge en terre d’Ursée. En eau d’Ursée devrais-je dire. Effectivement, c’est un monde océanique parsemé d’îles et d’îlots tantôt transformés en ville, tantôt en forteresse. Malgré le peu de population qui arpente encore ce monde, les conflits intestins entre les différentes maisons et factions sont légion. Vous y prendrez part en tant que fauconnier. Pas le genre de fauconnier-ère avec un gant en cuir mais armé-e et chevauchant des faucons géants. Si autrefois ces animaux étaient utilisés dans le but de transporter les âmes des morts dans l’au-delà, aujourd’hui, ils sont dressés afin de faire la guerre. 

Vous incarnez donc un-e fauconnier-ère. Mais ce qui caractérise The Falconeer est que vous ne traverserez pas l’histoire dans la peau du même personnage. Ici, votre avatar sera un-e combattant-e d’une autre faction à chaque chapitre. Ce qui permet de comprendre les tenants et aboutissants de l’intrigue à travers les yeux de tous les belligérants. Un pari audacieux qui complique tout de même la compréhension générale. En effet, l’univers de The Falconeer est extrêmement riche et il est difficile de saisir toutes les subtilités du conflit qui se trame en Ursée. De plus, le jeu vous abandonne totalement à votre sort dès le début du jeu sans un minimum d’explications. On erre (ou plutôt on vole) comme une âme en peine  dès le prologue. Ce n’est qu’après quelques heures de jeu qu’on commence enfin à saisir ce qui nous arrive. 

Le jeu se découpe en 4 chapitres en plus d’un prologue et d’un épilogue. En plus des missions principales, vous serez amené-e à faire différentes missions secondaires allant de l’attaque de forteresse, de l’escorte d’un allié en passant par les mises à prix. Intéressantes de prime abord, ces missions se révèlent rapidement répétitives. C’est également le cas de la trame principale qui peine à s’emballer même si l’écriture générale est de très haut niveau.

Si la difficulté du titre est assez mal gérée dans l’ensemble, les phases de combat sont vraiment prenantes, surtout lors des batailles comprenant beaucoup d’ennemis. Notre faucon répond parfaitement aux ordres et les sensations sont bien là. La prise en main du faucon se fait aisément et après une ou deux missions, on devient un as de la voltige. Autre point réjouissant, le titre bénéficie d’un excellent bestiaire. Celui-ci est diversifié et les créatures volantes ont toutes un cachet bien distinct. Le monde également est une merveille et l’on prend plaisir à voler au gré des vents à la découverte du moindre caillou. La météo dynamique ajoute un gros plus à ces voyages, le tout étant bercé par une musique apaisante qui vient sublimer le tableau. 

Techniquement, le jeu est assez bluffant. Parfaitement optimisé, il tourne en 4k 60fps sur Series X et n’a souffert d’aucun bug lors de ma vingtaine d’heures passée en Ursée. Une sacrée prouesse quand on pense que ce jeu a été développé par un seul et unique développeur : Thomas Sala.  À noter : l’aventure se boucle du début à la fin sans aucun temps de chargement; un véritable confort offert par la nouvelle génération de consoles. 

Bien que ce titre soit une belle surprise, on constate les limites auxquelles un jeu realisé par une seule personne se heurte, d’autant plus pour un jeu ambitieux comme celui-là. The Falconeer est rempli de bonnes idées mais ne possède peut-être pas les moyens de ses ambitions. Espérons que le jeu rencontre le succès qu’il mérite et, qui sait, peut-être obtiendrons-nous une suite à la hauteur de la proposition. 

7

Critique réalisée sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par l’éditeur

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