Critique : Devil May Cry 5 Special Edition

Devil May Cry, licence forte de Capcom créée par Hideki Kamiya à l’ère PlayStation 2 a depuis près de 20 ans su conquérir toujours de plus en plus de fans. Beat’em Ups techniques à la réalisation à chaque fois splendide, à l’humour parfois totalement décalé qui fait mouche et surtout au style inimitable, les titres de la série ont réellement une patte unique et un ton déjanté, alliant démesure visuelle et concentré de fun. Devil May Cry 5 avait été très bien critiqué à sa sortie, décrit parfois comme le meilleur beat’em up de ces dix dernières années, rien que ça ! Sa version “next-gen” sur Xbox Series X et PlayStation 5 offre beaucoup de nouvelles options de jeu et de possibilités d’améliorations graphiques (sur un moteur, le RE Engine, dont les performances étaient déjà impressionnantes sur la génération de consoles précédentes). Devil May Cry 5 retrouve-t-il l’excellence des premier et troisième volets de la série ? Cette “Special Edition” vaut-elle le coup de s’y replonger, ou de le découvrir malgré son âge ?

Les réponses à ces questions sont “oui”, “oui” et encore “oui”. Devil May Cry 5 n’a pas usurpé les critiques dithyrambiques reçues à sa sortie, tant il renoue avec l’excellence du premier et la surenchère du troisième volet. En terme de gameplay, DMC 5 SE offre la possibilité d’incarner trois personnages différents (plus un déblocable) qui ont des caractéristiques et des aptitudes propres. L’un pourra utiliser des bras amovibles ayant des capacités différents en combat, l’autre combattra à distance en invoquant corbeau, panthère ou golem géant quand Dante, fidèle à lui-même, s’offrira le luxe de pratiquer quatre styles martiaux différents, par exemple. 

Comme dans tout beat’em up 3D qui se respecte, Devil May Cry 5 Special Edition permet au joueur de débloquer une multitude de coups supplémentaires moyennant les orbes rouges que l’on collecte tout au long des combats. Tant et si bien que le gameplay déjà très varié se paye le luxe de s’enrichir au fil des missions. Les nouvelles armes à obtenir sont également de la partie, en sortant vainqueur de combats contre certains boss ou à l’aide de Nico, la mécanicienne de génie, experte en création de “devil breakers”, les bras amovibles cités plus haut. Obtenir certaines de ces armes déclenche d’ailleurs parfois des séquences humoristiques souvent hilarantes, tout particulièrement lorsqu’on joue le personnage de Dante, à la verve aussi développée et classe que son style général.

Les décors, savamment mis en avant par une direction artistique du meilleur goût, offrent souvent de bons moments de contemplation, surtout dans les scènes en extérieur, sont le nombre s’amenuise malheureusement au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les méandres organiques du Qliphoth. On peut y observer toujours moins d’éléments de “civilisation” (ici un banc, là une carcasse de voiture), jusqu’à ce qu’il n’y en ait absolument plus et que le joueur puisse goûter aux véritables tréfonds de l’enfer. 

La réalisation de Devil May Cry 5 Special Edition est magnifique, et ce depuis la première version du titre, publiée en mars 2019, cela ne fait aucun doute. Extrêmement fluide (élément indispensable à ce genre de jeux), malgré parfois beaucoup d’éléments à afficher lors des joutes, flattant les rétines grâce à des décors réussis et des personnages impressionnants de réalisme, le titre de Capcom carbure au très efficace RE Engine et cela se ressent. Cette édition permet de choisir son style d’affichage, soit en mettant l’accent sur les détails graphiques en 4K, soit en optant pour plus de fluidité pour une approche plus technique du gameplay.

La bande-son est fidèle à l’esprit de la saga, et permet grâce à un mode « spatialisation » de s’immerger encore plus dans l’action, si tant est que l’on utilise le casque adéquat. Le résultat est pas mal, mais beaucoup moins bluffant que lorsqu’on utilise une véritable application musicale offrant de l’audio 360 (où l’on a réellement la sensation d’être assis avec les musiciens lors de la prise de son en studio. Certains morceaux sont certes moins agréables à l’écoute que d’autres, et le côté métal / nu metal / hard rock / electro / classique / opéra ne plaira pas à tous, mais colle parfaitement au délire du jeu. 

Dire que l’on a apprécié Devil May Cry 5 Special Edition est un euphémisme. Les diverses options permettant de sublimer l’expérience (4K, choix de framerate, avec ou sans ray-tracing, spatialisation audio, etc.) offerte par le RE Engine sont un plus non-négligeable de cette version, qui s’offre en outre le luxe d’offrir du contenu supplémentaire. Difficile de ne pas tarir d’éloges pour ce titre de Capcom, qui était déjà exceptionnel en 2019. Les joueurs n’ayant pas essayé la première version ne pourront qu’être conquis par la réalisation, l’ambiance sonore, la variété du gameplay ainsi que l’humour dévastateur inhérent aux titres de cette saga.

9

Critique réalisée à partir d’une version Xbox Series X fournie par l’éditeur

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