Chronique : All Free ! Tomes 1 et 2

Après le décevant Ping Kong, le label Mangetsu propose à présent un nouveau manga de sport : All Free ! Cette série en deux tomes (qui aura une deuxième saison) a le mérite de tourner autour d’un thème peu abordé dans le manga : le judo ; et l’auteur, Terubo Aono, est bien placé pour en parler car, comme cela est précisé dans la deuxième de couverture, il est ceinture noire de judo. 

Dès les premières pages, il est agréable de sentir que l’auteur maîtrise parfaitement son sujet. Les différentes techniques utilisées par les protagonistes sont nommées, des explications sont ajoutées juste lorsque cela est nécessaire et le dessin illustre à merveille les enchaînements ainsi que l’intensité des combats. Pour peu qu’on s’y connaisse un brin en judo, on reconnaîtra aisément des prises rien qu’avec le magnifique coup de crayon de l’auteur. Il est d’ailleurs dommage que la couverture des tomes, particulièrement celle du premier, ne rende pas vraiment hommage à la qualité graphique des pages à cause d’un choix de couleurs contestable (pourquoi des yeux rouges ??).

Si Terubo Aono maîtrise grandement son sujet et ses dessins, il n’en néglige pas moins son histoire aussi prenante qu’efficace. On est ici devant un schéma plutôt classique avec une héroïne, Jun Mifune, qui cherche à faire ses preuves dans le sport qui la passionne. Cependant, là où l’auteur se démarque de l’esprit compétitif habitant la grande majorité des héros de mangas sportifs, c’est en donnant à son personnage comme principal objectif la volonté de prouver à tout le monde que le judo c’est la liberté. Jun ne cherche pas tant à remporter des tournois qu’à montrer à son oncle, ancien champion de judo ayant dû mettre fin à sa carrière à la suite d’une grave blessure, que le judo fait toujours rêver. Elle veut aller plus loin que son sempai et prouver qu’on peut véritablement s’illustrer dans ce sport en étant une fille, un poids léger, une jeune ado…en parvenant, grâce à sa technique et à sa vitesse, à renverser des adversaires bien plus lourds et plus costauds. On perçoit alors que le judo c’est la liberté car n’importe qui, avec de la volonté, pourrait réussir à mettre à terre le plus puissant des guerriers, même le judoka David Ours, champion du monde français ! C’est un sport ouvert à tous qui, si on le maîtrise, permettrait à chacun de s’affirmer. Le manga est tellement bien foutu qu’il donne envie de sauter sur un tatami et de se mettre (ou se remettre !) au judo. Avec All Free, on sent que tout est possible ! Si Jun Mifune peut avoir du mal à convaincre son oncle, elle convainc en tout cas son lecteur !

Je n’en dirai pas plus pour vous laisser savourer pleinement cette petite pépite mais, que vous aimiez le judo ou non, je vous conseille de vous procurer ce manga de qualité où dessins et histoire sont grandement maîtrisés ! Précisons d’ailleurs que l’auteur ne se contente pas de connaître très bien le sport dont il parle mais qu’il fait également plusieurs fois référence à l’un des grands maîtres de cet art martial, Kyuzo Mifune, qui n’est autre dans l’histoire qu’un ancêtre de Jun et son oncle. Cette petite touche historique renforcée par quelques citations est un vrai plus. Une chose est sûre : on a hâte de retrouver Jun et son entourage attachant dans la deuxième saison ! 

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