Critique : Andro Dunos II

Depuis que le label français PixelHeart a annoncé son rachat du catalogue du studio japonais Visco début 2021 ainsi qu’une suite au shoot’em up de la Neo Geo Andro Dunos dans la foulée, les fans de la console de SNK comme les aficionados de shoot’em ups classiques ont sans nul doute trépigné d’impatience pendant plusieurs mois, espérant un résultat de qualité pour cette suite d’un titre de 1992. Andro Dunos 2, auquel nous avons pu nous adonner dans sa version Steam, méritait-il tous ces trépignements ? 

Première chose qui frappe lorsqu’on lance le jeu : la direction artistique originale est plus que respectée. Andro Dunos 2 présente un mecha design semblable à son aîné, et surtout ne se permet pas de lisser les pixels – comme le font bien des remasters. Seul bémol, le design du vaisseau que l’on contrôle est inchangé et reste proche d’un mélange entre le Yellow Submarine des Beatles et un jouet playskool. Trop arrondi, pas assez incisif, guerrier ? Toujours est-il qu’il ne dénature pas l’œuvre originale. 

Comme tout shoot’em up classique qui se respecte, Andro Dunos 2 propose un gameplay immédiat, facile à prendre en main mais pas forcément simple à maîtriser. Comme dans Thunder Force 3 par exemple, il est possible de changer de type d’armes, notre préférence étant allée au missiles à têtes chercheuses et aux protections effectuant des rotations autour du vaisseau. Certaines situations requièrent que l’on utilise le tir arrière ou un shoot direct à la puissance plus dévastatrice, ou encore un tir “éventail” couvrant plus de terrain, mais permettant moins de dégâts. Chacune de ces armes peut être améliorée via la récolte de bonus. Enfin, classiquement, un tir spécial permettra, en fonction de l’arme choisie (et du remplissage d’une jauge) de lancer une attaque dévastatrice. Les points récoltés d’un stage à l’autre permettent d’améliorer les armes également.

Maîtriser Andro Dunos 2 revient à user de réflexes et de mémoire. Les patterns des ennemis, et plus particulièrement des boss sont souvent à retenir par cœur, et ce surtout lorsque les situations de jeu deviennent de plus en plus complexes à gérer, soit à partir du stage 5 (en mode normal). Le titre publié par PixelHeart présente donc une difficulté corsée, qui rebutera les joueurs les moins old school, mais ravira les adeptes du scoring. Notons qu’il est tout de même possible de choisir le stage de départ si on l’a atteint lors d’une partie précédente et d’augmenter le nombre de continues, qui ont le bon goût de ne pas être offerts en mode “infini” (ce qui gâche selon nous la replay value d’un shooter, si tant est que l’on préfère l’expérience au scoring). Un mot sur la bande-son d’Andro Dunos, globalement très réussie, mais inégale : elle est excellente sur certains stages et en retrait sur d’autres.

Andro Dunos 2 est un très bon shoot’em up,  respectueux de son aîné en termes de DA et de gameplay,  qui offre un challenge conséquent (trop) à partir du stage 5 et ce même en mode normal (arcade). Il ne conviendra donc pas aux joueurs les plus impatients mais les joueurs old school adoreront, tant ils retrouveront ici les qualités qui faisaient toute la saveur du shmup classique au début des années 90.

8

Critique réalisée à partir d’un code Steam fourni par l’éditeur

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