Critique : Gran Turismo 7

Un peu en perte de vitesse par rapport à sa concurrence directe, soit la série Forza Motorsport du Xbox Games Studio Turn 10, les jeux estampillés Gran Turismo représentent pourtant pour beaucoup la quintessence de ce qu’une simulation de course automobile devrait être. Polyphony Digital avait créé la recette gagnante pour ce type de titre dans les années 90, au prix de longues nuits blanches et de plusieurs mois (année ?) passées au bureau sans rentrer chez lui pour son créateur Kazunori Yamauchi. Annoncé comme censé faire un retour en grande pompe avec cette septième itération de la licence, qu’en est-il réellement manette à retour haptique en main ?

L’une des grandes forces de la licence est de pouvoir proposer une formule qui plaît aussi bien au touriste ludique profitant du jeu quelques minutes de temps en temps, picorant ainsi un fun immédiat et une prise en main agréable, qu’au joueur pro adepte des chronos les plus extrêmes ou à l’adepte de la collection de voitures. Cette septième itération ne déroge pas à la règle et se veut elle aussi universelle. Quelques modes de jeu nouvellement conçus font leur apparition, comme le Music rally, où il s’agit de parcourir le plus de distance possible pendant l’écoute d’un morceau musical, via un système de checkpoints classiques apportant du temps supplémentaire. Totalement anecdotique, ce mode de jeu n’apporte pas grand chose.

La refonte du mode de jeu principal (comprenez celui qui vous permettra de débloquer et collectionner des véhicules)  par contre, qui passe par diverses courses dans lesquelles atteindre le top 3 sera indispensable est intéressante. Ce mode transpire la passion pour l’histoire de l’automobile, en mettant en scène un certain Lucas, qui raconte tour à tour moult anecdotes sur telle ou telle série de véhicules. Les intervenants comme Lucas sont nombreux, venant de l’univers de GT Sport (on retrouve des compétiteurs officiels) et leurs conseils n’ont parfois aucun intérêt (“je fais d’excellents chronos sur ce circuit”). Ils peuvent s’avérer pourtant très précieux dès qu’ils concernent les diverses manières d’appréhender tel ou tel circuit.

Le système de permis, cher à Gran Turismo, est de la partie, et propose des challenges classiques afin d’obtenir le droit de participer à telle ou telle épreuve du mode de jeu principal, que nous appellerons le mode “Café”. Préparer son véhicule en achetant des pièces est indispensable si l’on souhaite être compétitif et la qualité des pièces dépendra du niveau de collection atteint. Tout un équilibre ! Le mode “missions” propose quant à lui divers challenges de dépassement ou même des courses, entre autres choses.

Mais hormis ce remaniement de façade de ce qui reste très classique pour un jeu Gran Turismo, l’immense progrès réalisé par cet opus repose sur deux piliers : les conditions météo, dont les répercussions sur la conduite sont simplement criantes de réalisme, et en deuxième lieu, le moment où l’on conduit offre des angles – changeant durant la même course – divers et variés sur un même circuit. Ainsi, conduire durant un coucher de soleil changera complètement la façon d’appréhender la conduite en fonction de l’heure précise à laquelle on est, et il faudra s’adapter à des changements de luminosité en temps réel. 

A ces deux piliers peut s’ajouter la nouveauté incarnée par le retour de force haptique des gâchettes de la manette PS5. Réellement intéressantes en termes de sensations, ces gâchettes permettent une immersion de qualité. Enfin, sur certains circuits présentant du relief, on a pu ressentir un léger effet “montagnes russes” des plus immersifs en vue cockpit. Une réussite totale à ce niveau. On pourra seulement regretter une réalisation pas aussi flamboyante qu’on l’aurait souhaité pour un jeu PS5 (le titre est cross-gen), mais c’est sans compter l’aptitude de Polyphony Digital à mettre à jour son bébé encore et encore pendant des années, jusqu’à lui faire atteindre un certain panache graphique, comme ce fut le cas pour GT Sport.  

Pour toutes ses qualités ludiques, comme une prise en main agréable ou un fun immédiat ainsi que pour l’immersion qu’il propose – vue cockpit et retour haptique de la manette – Gran Turismo 7 est un excellent titre. Certes, il n’est pas exempt de défauts, parfois inhérents à la série (IA queue leu leu, collisions étonnantes), parfois liés à sa réalisation, que l’on aurait espéré plus flamboyante, mais c’est sans compter la politique de mise-à-jours en continu du studio Polyphony Digital, qui déjà à l’époque de Gran Turismo Sport avait su s’améliorer jusqu’à atteindre une certaine perfection esthétique. Pour toutes ces raisons, indépendantes de pures manœuvres lucratives de la part de ses créateurs (et donc loin des polémiques), Gran Turismo 7 mérite très largement d’être pris en main pour de longues heures de jeu passionnantes. En attendant le prochain titre des studios Xbox, Forza Motorsport, pour lequel il constitue un très, très sérieux rival. 

8

Critique réalisée sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s