Chronique : Pakka, Tome 1

            Aux éditions Mangetsu est paru dernièrement le nouveau manga de Daisuke Imai, auteur du très bon Sangsues et d’autres seinen de type romance, tranches de vie. Celui-ci n’a peut-être pas l’aura d’un maître dans le genre tel qu’Inio Asano, mais sa réputation reste solide. C’est donc avec envie et curiosité que je me suis plongée dans ce premier tome de Pakka, une série déjà terminée au Japon, en cinq tomes.

            Pakka, c’est d’abord une histoire de natation. Dès les premières pages, nous suivons des écoliers en train de mouiller le maillot, au sens propre comme au sens figuré. Notre héros, Kei Suemori, est inscrit au club de natation de son établissement car il dispose de prédispositions particulières pour ce sport et n’a pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour s’illustrer. S’il ne rêve pas d’être un champion, il vit tout de même mal le fait de s’être fait laminer lors d’une course par l’une de ses camarades du nom de Saki Hanazono. Cette dernière, qui s’avère être une amie d’enfance qu’il vient de retrouver au lycée, va lui faire la promesse d’accepter de sortir avec lui s’il parvient à la battre. Amoureux, Kei va enfin trouver la motivation pour progresser en natation et sortir de sa zone de confort. Cependant, il n’aura finalement pas besoin d’en faire tant que ça car, un jour, il va tomber nez à nez sous l’eau avec une autre fille qui, en l’embrassant, va lui transmettre des pouvoirs de kappa, monstre du folklore japonais décrit comme un diablotin d’eau. Non seulement Kei va devenir un nageur hors-pair mais il va également bénéficier d’un nouveau look à écailles et des yeux perçants dont il aimerait bien se passer. Un peu comme dans Ranma ½, notre héros parvient heureusement à reprendre forme humaine au contact de l’eau (mais pas n’importe laquelle),  et c’est lorsqu’il s’assèche que le kappa en lui ressurgit.

Pour lui, cette métamorphose n’est pas bienvenue et il aimerait rester maître de son apparence. Si celle qui l’a transformé s’avère a priori capable de l’aider à redevenir un humain normal, pour une raison que l’on ignore, elle n’a pas l’air bien pressé de le faire. On ne sait d’ailleurs pas non plus pourquoi elle a choisi de jeter cette malédiction sur Kei ni si notre héros est sa première cible. En outre, un passage du manga sous-entend que ce ne sont pas les deux seuls kappa de l’établissement mais rien n’est moins sûr. Notons enfin que suite à cette métamorphose impromptue, la promesse de Kei faite à son amie d’enfance de sortir avec elle si jamais il arrivait à la battre, devient alors réalisable facilement et ce leitmotiv qui tient notre héros et qui aurait pu durer cinq tomes prend donc rapidement fin. Qui plus est, il s’attache de plus en plus à cette mignonne kappa, dont l’apparence humaine est quand même très proche de celle de Saki. La question qui se pose alors est : qui Kei va-t-il choisir entre Saki et cette étrange fille-kappa ? Pakka est en définitive davantage l’histoire d’un triangle amoureux sur fond de compétition sportive avant d’être une histoire surnaturelle, voire horrifique. Aussi la métamorphose du héros n’a-t-elle rien d’effrayant et l’histoire est-elle traitée avec beaucoup de douceur et de légèreté ; ce qui est très bien illustré par le trait tout en finesse de Daisuke Imai.

Ainsi, grâce à ce trait fin et efficace de l’auteur et à l’édition rendant ce volume très souple et très agréable à prendre en main, la lecture du premier tome de Kappa a été un vrai régal. On se plaît à suivre l’histoire de ce jeune garçon qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve obligé de composer avec une nouvelle apparence et de nouvelles aptitudes, comme pouvoir respirer sous l’eau. On a clairement envie de prolonger notre lecture pour en savoir plus sur les pouvoirs des kappas et connaître l’issue de cette romance complexe.

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