Chronique : La Déesse de 3000ans, Tome 1

Les éditions Michel Lafon continuent d’enrichir leur jeune collection manga Kazoku, lancée en septembre 2021, avec une nouvelle série courte composée de trois volumes dont le premier est sorti en cette rentrée. Titré La Déesse de 3000ans, ce manga est le premier de son auteur Fumitaka Katô. 

En ouvrant ce premier tome, il est difficile de croire que le mangaka en est à son coup d’essai. Les décors, très détaillés et soignés,  s’offrent régulièrement des doubles pages de toute beauté. L’univers bercé par le folklore japonais et emprunt d’un mysticisme plein de charme, est retranscrit à merveille à travers les dessins. Il suffit alors de faire quelques recherches pour apprendre que si Fumitaka Katô maîtrise autant son sujet, c’est qu’il a, par le passé, fait ses preuves dans le design d’intérieur et le jeu vidéo. Pas de doute, son coup de crayon est maitrisé…du moins pour les arrières-plans. En effet, les personnages, perdus dans ces décors foisonnant de détails, semblent, eux, particulièrement lisses et peu expressifs ; et malheureusement, c’est là que le bât blesse. Enchantée tout d’abord par le visuel, je suis allée de déception en déception quant à l’histoire qui s’est avérée être plus insipide qu’un bout de tofu. Celle-ci met en scène un jeune adolescent portant le nom de Jûzô Shiba, qui tombe par hasard sur une jolie déesse en tenue d’écolière (oui, oui, cela n’a pas de sens), coincée dans un arbuste depuis « des milliers d’années », rien que ça ! Notre héros qui, on ne sait pourquoi, a le don de voir l’invisible, va donc venir en aide très facilement à cette charmante déesse et la libérer. Il va alors tomber instantanément amoureux d’elle et les deux protagonistes vont décider de se marier.

Précisons tout de suite que je ne spoile rien de plus ici que ce qu’il se passe dans les 15 premières pages ! L’histoire avance à toute vitesse pour retomber immédiatement comme un soufflet. Ainsi, le mariage ne va (évidemment !) pas être possible tout de suite car il va falloir d’abord que notre déesse de 3000ans retrouve son sceau qu’elle a égaré et sans lequel le prêtre ne peut célébrer les épousailles. Heureusement, elle estime retrouver celui-ci rapidement, soit en « une centaine d’années », car elle se souvient l’avoir « posé quelque part ». Voilà, vous n’aurez pas plus de justification que cela. Notre héros va se lancer sans réflexion aucune, dans une quête sans queue ni tête, à laquelle il risque de dédier vainement toute sa vie. Bien sûr, il n’hésite aucunement parce qu’il est amoureux ! Il a bien vu que cet amour n’était pas réciproque (cela s’écrit sur le front de sa dulcinée quand elle ment), mais qu’importe ! Il n’hésite pas à abandonner toute sa vie d’avant pour parcourir un temple à la recherche d’un sceau. Au revoir notre amie chère aux belles histoires, j’ai nommé la cohérence ! Place à l’absurdité, l’humour en moins ! En tournant quelques pages encore, on assiste aux prémices du classique triangle amoureux avec la rencontre d’un nouveau personnage féminin.  Et devinez quoi ? La déesse qui n’aimait pas notre héros, se met à être jalouse ! Cohé-quoi ?? Roooo… Éteignez votre cerveau et profitez du paysage. N’allez pas chercher un sens à tout ça, bande de petits intellos. 

Eh bien, je pense avoir été claire. Ce manga ne m’a pas plu. Mis à part pour ses dessins, il ne présente aucun intérêt. Un conseil : si vous cherchez une romance avec un triangle amoureux, le tout baigné dans une bonne dose de folklore japonais, dirigez-vous sans hésitation vers le très bon Pakka et ne perdez pas votre précieux temps avec cette déesse de 3000ans. 

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