Tomb Raider et Uncharted, le jeu d’action-aventure au banc d’essai

Depuis les deux jeux Rick Dangerous ou Indiana Jones and the Last Crusade (des jeux que les moins de 20 ans se devraient de connaître), l’esprit du jeu d’action aventure a été transcendé par l’avènement de Tomb Raider dans les années 90 (allant de pair avec l’immense succès commercial de la Playstation), permettant au jeu vidéo d’atteindre le très grand public et de faire de Lara Croft, héroïne du jeu, une icone de son époque. La licence s’essoufflant quelque peu au fil des ans, un concurrent de poids, développé par le studio californien Naughty dog, fera une entrée fracassante sur le circuit des jeux d’action aventure avec un héros masculin plus ancré dans la réalité, et surtout une réalisation exceptionnelle. Uncharted : Drake’s Fortune marchait sur les pas de son aînée tout en apportant pas mal de nouveaux éléments intéressants au genre. Aujourd’hui la licence Uncharted a publié son 4ème épisode sur console de salon ainsi qu’un spin-off et un jeu portable, tandis que Tomb Raider a réalisé son reboot : deux jeux majeurs (Tomb Raider et Rise of the Tomb Raider) retraçant les origines de Lara Croft ainsi qu’un troisième opus fraîchement publié en ce mois de septembre. Qu’est-ce qui distingue ces deux séries ? A quels joueurs (euses) s’adressent-elles ? Comment les appréhender ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses dans les lignes qui suivent.

 

L’élément le plus frappant de ces deux séries est de constater à quel point elles empruntent l’une à l’autre continuellement. Le reboot de Tomb Raider, par exemple, cherchera à imprégner ses deux jeux de codes du cinéma à grand spectacle, comme a su le faire Uncharted à partir de son second épisode en particulier. Plans de caméra impressionnants, escalades à rebondissement (sur des environnements friables), séquences d’action et de destruction (des villages entiers en flamme dans Tomb Raider) très spectaculaires à la limite de la surenchère dont usent et abusent les deux séries permettent au joueur / spectateur de profiter de mises en scène grand spectacle se surpassant de part et d’autre. Uncharted remporte la palme dans cette catégorie, proposant des séquences absolument uniques en leur genre : survivre à l’effondrement d’un immeuble de plusieurs étages (Uncharted 2) par exemple. Rarement Tomb Raider parviendra à égaler Uncharted dans ce domaine. En terme de mise en scène, les jeux Tomb Raider sont d’ailleurs un peu en retrait, comme sur le plan narratif, comme nous le verrons plus tard.

En terme de gameplay (comprenez mécanismes de jeu, prise en main), Uncharted conserve une plus grande souplesse que son aînée, surtout dans les déplacements (au sol ou lors des phases de grimpette) qui aura depuis le reboot offert beaucoup moins de rigidité que les épisodes d’antan mais conservera tout de même un côté “rails” (l’action n’offrant pas assez d’envergure dans les déplacements). Les phases de tir sont par contre à l’avantage de Tomb Raider, où l’on apprécie l’usage de l’arc dans les phases d’infiltration ainsi que tout le système d’upgrade (progression) des armes découvertes : stabilisateur de visée, munitions supplémentaires à transporter… Les séquences d’action et de shoot dans la série Uncharted sont parfois par trop redondantes.

 

On retrouve les mêmes mécanismes d’infiltration dans les deux séries : se cacher derrière un obstacle ou se faufiler dans des buissons afin d’attaquer furtivement un adversaire et le grappin est un “plus” indéniable de l’épisode quatre d’Uncharted dans la gestion des déplacements de Drake, beaucoup plus rapide et souple qu’une Lara Croft employant son arc-grappin pour s’élever dans les cimes d’arbres. Encore un peu plus de rigidité côté Tomb Raider, donc. Les deux jeux diffèrent également dans le sens où Tomb Raider propose un “instinct de survie” qui permet de se repérer dans les décors assez touffu (à l’aide d’une boussole incrustée) et de repérer les objets (coffres, plantes, arbustes, animaux) importants, ou en tout cas avec lesquels il est possible d’interagir. La survie est en effet l’aspect le plus novateur du reboot de Tomb Raider. Complètement absente de la série Uncharted, elle permet au joueur d’assouvir ses instincts de chasseur et de repérage en forêt de manière assez intéressante. Elle intervient dans la progression du joueur, puisque hormis la recherche de points de compétences, celui-ci devra collecter des ressources afin de faire évoluer armement et piolet.

Ainsi, quand bien même la prise en main est un peu plus fastidieuse dans Tomb Raider, force est de constater que son gameplay est plus varié, moins redondant que celui d’un Uncharted. En matière de level design (comprenez architecture des niveaux), les deux jeux proposent la plupart du temps dans leurs séquences de tir des arènes fermées dans lesquelles il faudra se défaire de la totalité des adversaires avant d’enchaîner sur des phases de plates-formes (et de survie dans Tomb Raider) ou sur des phases de résolution d’énigmes assez rares dans Uncharted mais pléthoriques dans Tomb Raider (mais souvent en quêtes annexes), ce qui est encore à l’avantage de ce dernier (dans la variété du gameplay). Car oui, là où Uncharted parvient à procurer des sensations spectaculaires au joueur ainsi qu’une réalisation flamboyante et une narration beaucoup plus réussie, Tomb Raider surpasse son cadet dans le nombre d’énigmes à résoudre pendant les parties, élément dans l’ADN des jeux Tomb Raider depuis les années 90.

 

Ainsi, le joueur un tantinet cérébral et adepte de la survie en milieu hostile préférera lancer Tomb raider quand le joueur avide de sensations fortes jouera sans interruption à Uncharted. Les deux séries de jeu d’action-aventure diffèrent par la variété du gameplay (propre aux jeux estampillés Lara Croft) et la qualité de la narration, de la mise en scène et de la réalisation (médaille d’or à Uncharted). Quand bien même les deux licences se sont inspirées l’une de l’autre au fil des ans, elles parviennent chacune à procurer un facteur fun (plaisir de jeu) bien différent et sont très réussies, parvenant très largement à trouver leur public. Souhaitons donc longue vie à Lara et Nathan !

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