WRC 8, le plus spartiate des jeux de rallye

Dans la catégorie des jeux de rallye, on compare souvent la série des WRC développée par les lyonnais du studio Kylotonn à DiRT, référence du genre, développé par le très british studio Codemasters.. DiRT a fait le choix de proposer plus d’accessibilité via DiRT 4 dernièrement tout en lorgnant sur les adeptes de la simulation à travers l’itération DiRT 2.0. WRC 8 prend le parti de proposer une simulation pure et dure disposant de toutes les licences officielles du World Rally Championship (pilotes, véhicules, tracés…). Parviendra-t-il cette année à détrôner la série phare de Codemasters ?

Le parti pris de l’exigence

Le joueur retrouvera de prime abord les fondamentaux qui avaient fait de WRC 7 une bonne avancée des titres WRC : rallyes officiels (Corse, Sardaigne, Suède…), pilotes officiels également (Sébastien Ogier…) et conduite hardcore, marque de fabrique de la licence. Car WRC 8 n’est pas accessible au tout-venant, tant il nécessite de s’entraîner dur pour réussir à se classer correctement dans telle ou telle spéciale. On dispose de quatre essais en standard pour chaque spéciale en mode carrière, mais cela ne suffit pas toujours. 

Les pilotes aguerris prendront un plaisir infini en jouant à WRC 8, tant le challenge est corsé et gratifiant, les autres se détourneront peut-être du titre par frustration, incapables aujourd’hui de passer des heures à perfectionner leurs chronos sur tel ou tel tracé. Saluons une fois de plus le parti pris risqué choisi par Kylotonn pour son titre, à l’heure où la grande majorité des jeux vidéo publiés sur le marché se veut ultra accessible et ne présente parfois aucun challenge digne de ce nom…

Cette difficulté tient également au fait qu’une conduite par trop peu précise est très sévèrement punie : le moindre écart et le véhicule choisi risque de s’envoler ou de partir en tête à queue. Cela fera enrager certains joueurs et ravira les adeptes de la conduite parfaite, optimale.

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Le parti pris de l’esthétique

L’une des avancées majeures de cette itération est sa réalisation. Les tracés sont tous plus beaux et plus fluides les uns que les autres et c’est un réel plaisir de les parcourir à des moments de la journée différents sous une météo dynamique – il n’est pas rare de voir tomber la pluie en plein milieu d’une spéciale, par exemple, ce qui fait réfléchir à la stratégie à adopter avant le départ grâce au météorologue. WRC 8 est vraiment superbe, graphiquement parlant, quand bien même on lui reprochera quelques rares bugs d’affichage (tel ou tel buisson apparaissant à l’écran avec du retard). 

Variés dans leur localisation (de la Suède à la Turquie en passant par Monte-Carlo), les tracés offrent un réel dépaysement, et on aura particulièrement apprécié les paysages lunaires de l’Argentine au crépuscule. Les conditions météo comme la période de course offrent de grandes possibilités de variété à des tracés déjà très nombreux. L’un des points forts du jeu. On regrettera le manque d’environnement musical. Il n’y a de musique que dans les cinématiques malheureusement. Mais rien n’empêche d’écouter en fond sonore sa propre musique, bien sûr.

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Le parti pris du mode carrière

Autre avancée du titre, son mode carrière : véritable outil de management d’écurie de rallye, il permet l’embauche et le placement de météorologues, kinésithérapeutes, agents et autres directeurs financiers afin d’acquérir bonus ou malus de récompenses lors des épreuves du calendrier (que l’on peut également gérer). Les bureaux de l’écurie sont vus de dessus et il faut se déplacer via le menu de l’un à l’autre pour pouvoir interagir : interface simple et efficace.

Les rallyes de saison sont entrecoupés par la possibilité de participer à des rallyes historiques, à une spéciale en conditions extrêmes, à s’entraîner ou enfin à se reposer. Cette gestion des ressources humaines et financières  est primordiale au bon déroulement de la saison : trop de mauvais classements à certaines épreuves et le budget dégringole, aussi bien que la relation avec le constructeur du véhicule utilisé, ce qui provoque en cas de mésentente complète un désengagement du constructeur et un retour en début de saison. Radical.

WRC 8 est un très bon titre pour le joueur avide de simulation pure et dure, désireux de préparer chaque spéciale en peaufinant ses réglages et en s’entraînant en amont encore et encore, afin de parfaire ses chronos. Les amateurs de jeu de course arcade comme Forza Horizon ou DiRT 4 passeront leur chemin. Toujours est-il que cette huitième itération est un grand bond en avant pour la franchise : réalisation quasi parfaite, gameplay de conduite pointu, mode carrière riche et intéressant… Si la simulation et le challenge ne vous font pas peur, il serait dommage de passer à côté de ce titre, qui fait désormais jeu égal avec son concurrent direct. 

Critique réalisée sur Xbox One X à partir d’une version fournie par l’éditeur.

 

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