Critique : Concrete Genie

La PlayStation 4 est incriticable pour une chose : l’immense offre de titres qu’elle propose au chaland. Le nombre d’exclusivités propres à la machine est vraiment impressionnant, et les jeux édités par Sony Interactive Entertainment ont fait leurs preuves en terme de qualité sur cette génération. Concrete Genie, mis en avant depuis quelques temps par SIE déroge-t-il à la règle ?

 

Puisant son inspiration auprès des plus grands (Jet Set radio, Okami), Concrete Genie propose de redonner ses couleurs à la ville de Denska, polluée par une sorte de marée noire organique, à l’aide d’un pinceau lui permettant également de donner vie à des génies, sortes de monstres sympathiques (auxquels on peut donner certains attributs : cornes, oreilles, queue, puisqu’on les peint) possédant certains pouvoirs leur permettant d’interagir avec l’environnement (feu, vent, foudre). Un génie doté du pouvoir de la foudre pourra par exemple relancer un réseau électrique.

 

Afin de “reconquérir” les quartiers de Denska les uns après les autres, Ash, jeune héros du titre du studio Pixelopus devra en particulier rallumer des ampoules électriques disséminées dans certaines zones en peignant des éléments comme de l’herbe, un soleil ou une guirlande, par exemple, sur les dites ampoules (la plupart du temps fixées aux murs) et ce, à l’aide de la reconnaissance de mouvement de la Dual Shock 4. Ces séances de peinture, un peu hasardeuses au début, permettent de laisser libre cours à son imagination, si tant est que l’on récupère les éléments à peindre en ville. Ces éléments sont en effet à récupérer sous la forme de pages d’un carnet de croquis.

Le gameplay de Concrete Genie évolue avec le scénario et la progression du joueur, mais reste toujours assez conventionnel : la grosse originalité du titre, choisir quel génie faire interagir avec l’environnement, n’est pas assez exploitée, et on aurait aimé combiner les atouts de nos partenaires plus qu’une fois ou deux lors de nos pérégrinations dans Denska. Vraiment dommage de ne pas avoir créé plus de puzzles à résoudre, car l’idée de base est excellente. Les séquences de plateformes sont quant à elles par trop anecdotiques, et l’inertie de Ash ne présente pas assez de “lourdeur” pour satisfaire l’aficionado du jeu de plateformes. 

 

En terme de level design, on reste sur notre faim puisque certaines séquences se répètent  trop souvent : maîtriser et dompter un monstre, peindre des ampoules et la prise en main de Ash n’est pas toujours parfaitement millimétrée, comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent. Le jeu se permet également de recycler Denska en offrant de nouveaux attributs de gameplay à notre avatar. On parcourt donc les mêmes décors avec de nouveaux pouvoirs. Dommage.

 

Artistiquement parlant, Concrete Genie est tout simplement une merveille : la patte graphique illustrant les décors est magnifique et les animations des génies se déplaçant sur les murs de Denska sont superbes. Leur donner vie est un véritable régal et on les sent dotés d’une certaine autonomie au fil du jeu. De temps en temps des séquences d’animation en 2D, dans un autre style graphique que celui dépeignant Denska viennent illustrer les “flashbacks” que ressent Ash en côtoyant les protagonistes de Concrete Genie. La direction artistique met réellement le titre à son avantage.

 

Concrete Genie propose une expérience plaisante, à la direction artistique magnifique mais qui pèche  par un peu trop de répétitivité. D’excellentes idées de gameplay, comme la combinaison des attributs de plusieurs génies afin de résoudre certains puzzles sont très largement sous-exploitées, et l’on reste malheureusement sur notre faim, tant on a le sentiment que les créateurs n’ont pas assez développé certains aspects de leur titre. Cela n’empêche pas ce dernier d’être plus que satisfaisant, quelques heures durant.

 

Critique réalisée à partir d’une version fournie par l’éditeur. Concrete Genie est disponible sur PlayStation 4 pour un peu moins de 30 €

 

7

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