Critique : MediEvil

1998 : la France est pour la première fois championne du Monde de football et MediEvil sort sur la PlayStation première du nom. Succès commercial à l’époque, MediEvil offrait une expérience de jeu à la narration pleine d’humour et au level design bien pensé et original. Ce remaster, 21 années plus tard offre-t-il les mêmes arguments ? S’inscrit-il dans la lignée des exclusivités Sony aux remasters réussis ?

Ce qui frappe le joueur dès le lancement des premières parties, c’est la qualité de la réalisation graphique de ce remaster : elle respecte l’oeuvre originale tout en sublimant l’univers de MediEvil. Les moindres détails graphiques ou animations amusantes du jeu publié en 1998 sont respectés et le jeu est beau et coloré à souhait. MediEvil version 2019 est une réussite à ce niveau-là, On apprécie l’effort fourni, et la nostalgie fait son effet très rapidement, lorsqu’on reconnaît avec plaisir tel ou tel passage, tel ou tel adversaire (les terribles épouvantails) tel ou tel détail ou l’ambiance sonore. 

L’humour omniprésent de ce jeu qui met en scène un chevalier squelette ressuscité auquel il manque une partie de la mâchoire ainsi que l’oeil gauche à la démarche grotesque est également un plus indéniable. Il plaira aux plus jeunes nouveaux venus et ravira les plus que trentenaires nostalgiques de la grande époque de la “révolution” PlayStation. MediEvil 2019 ressuscite  également la recette du gameplay d’époque et c’est là que le bât blesse.

Combattre dans MediEvil, c’est souffrir, mais alors beaucoup souffrir, tant les collisions et  les caméras sont mal gérées, malheureusement. Il n’est pas rare que la caméra sensée accompagner l’action choisisse un angle de vue peu pratique pour combattre. Une fois qu’on connaît les patterns de certains ennemis, les combats sont évidemment facilités mais de par la distance de la caméra par rapport à l’action, on ne sait pas si l’on touche l’adversaire ou si l’on frappe dans le vide. Du coup on appuie à répétition sur le bouton d’attaque quand un ennemi se rue sur Sir Daniel Fortesque, le protagoniste principal de ce titre, ce qui gâche énormément l’expérience de jeu et le rend extrêmement ardu par moments.

Et c’est cruel, car en terme de level design, MediEvil a de quoi satisfaire les plus exigeants amateurs d’exploration dans les titres d’action-aventure ! Le jeu est riche en alternatives, en embranchements. Rechercher telle rune pour l’utiliser à tel endroit est classique, mais réellement plaisant tant les environnements offerts par MediEvil sont variés et intéressants. Il fourmille de détails dans les possibilités proposées et aucun nouveau parcouru ne ressemble à un autre. Il y a d’autant plus de regrets à avoir concernant le gameplay et la gestion des caméras…
Malgré un respect pour les très bonnes idées du jeu original, ce remaster de MediEvil ne parvient pas à convaincre, du fait d’une gestion des caméras beaucoup trop hasardeuse et de collisions réalisées parfois au pifomètre (ce qui rend les combats trop souvent pénibles). Dommage, car le titre regorge de bonnes idées de level design, proposant une progression assez peu linéaire et des niveaux vraiment variés et bien pensés. La nostalgie intervient également pour beaucoup dans le plaisir de jeu, et la réalisation graphique est plus que satisfaisante. Nous sommes donc restés sur une impression mitigée, malheureusement, en parcourant les niveaux de MediEvil.

Critique réalisée sur PS4 Pro à partir d’une version fournie par l’éditeur.

5

Laisser un commentaire