Critique : Atelier Ryza : Ever Darkness & the Secret Hideout

La série Atelier n’en est pas à son coup d’essai. Existant depuis une vingtaine d’années maintenant, elle a vu nombre de ses épisodes se succéder sur tout un tas de plateformes différentes. Le dernier volet en date, Atelier Ryza, s’est fait remarquer avant même sa sortie en Occident, en battant des records de vente à sa sortie au Japon, pays qui a vu naître cette franchise. Pourquoi ? me direz-vous. Qu’a cet opus de plus ? Est-ce qu’il vaut le coup, même si on ne connaît pas la série, même si on n’en est pas friand ? C’est ce à quoi je vais tacher de répondre à travers ce test.

Atelier Ryza nous propulse au début du jeu dans un joli et petit village, tout mignon et tout coloré. On y incarne une jeune fille dénommée Ryza qui rêve d’aventure. Ses deux jeunes compagnons, Tao et Lent, admirent son insouciance et son courage, autant qu’ils craignent sa naïveté et la facilité qu’elle semble avoir de se mettre en danger. Très clairement, Ryza arbore les qualités et les défauts du héros de manga classique et le public otaku sera vite charmé par ce personnage très attachant. Rapidement, nos trois héros vont faire la connaissance de deux guerriers maîtrisant l’alchimie. Ryza se passionne aussitôt pour cela et se met à créer tout un tas d’objets dans le chaudron de sa chambre. Tao, lui, stéréotype du petit intellectuel à lunettes, est heureux d’avoir trouvé quelqu’un pour l’aider à traduire des livres hérités de ses ancêtres et Lent, guerrier au grand cœur, ne demande qu’à devenir plus fort. Mais tout ne va pas pour autant pour le mieux dans le meilleur des mondes et l’on apprend rapidement, par exemple, que si Lent veut devenir plus fort, c’est parce qu’il a un père alcoolique qui le bat régulièrement. L’histoire est posée, l’aventure peut alors commencer.

Tout au long du jeu, nos héros vont vivre des aventures et venir en aide à des PNJ lors de quêtes annexes guère passionnantes. Atelier Ryza est un RPG mais ne vous attendez pas à devoir prendre des décisions cruciales ou à influencer en quoi que ce soit l’histoire du jeu par des décisions. Autant le dire tout de suite, la fin de cette aventure, qui arrivera au bout d’une trentaine d’heures en ligne droite, sera la même pour tous. Si vous jouez à Atelier, c’est avant tout pour faire de l’alchimie et il faut avouer que cela est vraiment le point fort et intéressant du jeu, même si ce n’est pas le seul. Ainsi, vous allez passer beaucoup de temps devant votre chaudron à combiner tout un tas d’objets ramassés à droite et à gauche lors de vos missions à l’extérieur. La synthétisation est vraiment agréable et dense car tout peut être paramétré. Il ne s’agit pas de simplement construire une faux, une pommade, une bombe ou encore une maison (les constructions vont en grandissant) en associant toujours le même type d’objets pour obtenir toujours le même résultat. Non. Chaque construction d’un même objet peut s’avérer différente en fonction des matériaux et ingredients utilisés et des chemins empruntés dans le sphérier du mode alchimie. Ainsi, on pourra, en progressant dans différents chemins de ce sphérier, découvrir de nouvelles recettes, ajouter des caractéristiques à l’objet en construction ou encore en améliorer son niveau, c’est-à-dire sa qualité. Le système est vraiment bien fait et offre pas mal de liberté. Il faut dire que c’est avant tout à cela que la série Atelier tient son succès !

Trailer du Tokyo Game Show 2019

L’un des défauts du jeu cependant, est la récolte, pourtant si importante. Car pour créer, il faut bien entendu des matériaux. Et ici, loin des Minecraft et autres Dragon Quest Builders, récolter, ramasser, détruire, n’a rien de bien grisant. Le problème ? La lenteur… A chaque fois que vous voulez ramasser ou casser quelque chose, votre personnage s’arrête. Vous ne pouvez pas courir et couper de l’herbe à tout va. Même un Link fait mieux dans ce domaine. Ce temps d’arrêt pour récolter, ajouté au fait qu’il faille bien se situer en face de l’objet qui brille pour réussir, casse un peu le rythme de l’aventure. Par ailleurs, vous pouvez facilement vous retrouver bloqué dans cette dernière car l’on vous demande de créer un objet avec un matériau que vous ne trouvez pas, même après avoir arpenté quinze fois la map (ah ! cette chère Salt Grass !)

Néanmoins, Atelier ne rime pas qu’avec alchimie. En effet, il n’en reste pas moins un jeu de rôle classique avec des combats. Peu de boss sont présents dans le jeu (trois en tout) mais vous vous battrez régulièrement lors de vos échappées dans de nombreuses contrées. Et justement, le système de combat a été beaucoup revu pour cet opus, ce qui explique peut-être le plus grand succès du jeu sur le sol japonais. Ainsi, les combats voient apparaître dans ce volet une barre ATB qui ne s’interrompt jamais. Il faut sélectionner des actions à exécuter (attaquer, lancer un sort ou utiliser un objet créé grâce à l’alchimie) et ce rapidement car vous subissez toujours les dégâts des mobs. Pas le temps de la réflexion, il faut agir ! Cela colle tout à fait au caractère de l’héroïne Ryza mais cela ne plaira pas à tous les joueurs. Il faut être tactique ET rapide pour pouvoir l’emporter. Si, en plus, vous souhaitez contrôler les actions de chacun de vos personnages, il faudra faire preuve d’une plus grande célérité encore pour pouvoir switcher de l’un à l’autre. De la même façon, choisir le monstre à cibler tend à vous faire perdre un temps précieux. Il en ressort de ce système des combats dynamiques et haletants qui ne plairont pas à tous mais qui ont le mérite d’apporter du pep’s à une franchise qui en manquait un peu.

Cet Atelier Ryza est donc un cocktail plutôt réussi. Il saura séduire les adeptes de la franchise par ses petites nouveautés comme le système de combat mais aussi l’outil pour faire les photos (pas d’un grand intérêt cela dit) et surtout une belle refonte graphique (sur Nintendo Switch, je vous conseille par ailleurs de jouer en mode portable pour en profiter pleinement) ; mais aussi les néophytes qui voudraient s’essayer à un genre un peu hybride, dans un univers coloré et plein de charme. Attention tout de même : le jeu est entièrement en anglais.

6

Critique réalisée sur Nintendo Switch à partir d’une version envoyée par l’éditeur

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