Critique : Nioh 2

La Team Ninja a toujours eu la réputation de produire des titres assez techniques à prendre en main et à la difficulté assez relevée, comme par exemple Ninja Gaiden (en 3D) sur la Xbox première du nom. Mais aucun n’aura atteint le niveau “masocore” du premier Nioh en 2017, dont la difficulté se voulait rivaliser avec la série des Dark Souls, référence depuis des années en la matière. Sa suite disponible depuis quelques semaines propose toujours cette très jouissive orientation “masocore”, mais en l’édulcorant quelque peu, par le biais de soutien multijoueur (la communauté est très active) ou via des mises à jour permettant de faciliter les combats contre les redoutables adversaires de cet excellent titre.

Nioh 2 est une préquelle aux aventures de William narrées dans le premier opus, décrivant l’histoire d’un nouveau protagoniste évoluant dans un Japon du XVIème siècle, hybride humain-yokai. Il est possible de créer son personnage dans les moindres détails, ce qui n’est pas pour nous déplaire, de choisir deux armes de prédilection parmi les nombreuses proposées pour débuter ainsi qu’un type d’esprit pour nous accompagner. Dans Nioh 2, on choisit son style de gameplay : plutôt guerrier (type samouraï), plutôt ninja ou plutôt orienté armes à distance, ou enfin hybride, sans oublier la magie, très présente dans ce titre de Koei Tecmo. Il est possible d’upgrader son style de combat via l’obtention de points de compétence. Enfin, nouveauté, et non des moindres, des capacités Yokai permettent à notre protagoniste de lancer des attaques dévastatrices liées aux plus redoutables adversaires rencontrés.

Extrêmement ardus et techniques, les combats offrent la possibilité de changer de posture : haute pour des coups puissants, basse, pour jouer plus dans l’esquive et moyenne, permettant des attaques standard. Du fait de sa difficulté, Nioh 2 a une saveur très particulière, tant le challenge proposé impose au joueur une concentration ainsi qu’une technicité à toute épreuve. Il faut être très adroit, nous direz-vous ? Pas forcément, avec l’habitude et l’entraînement arrivent les premiers succès, qui motivent un peu plus, pour toujours progresser techniquement. L’auteur de cet article n’apprécie que peu les Dark Souls, ayant été rebuté par leur difficulté, et a pourtant trouvé à Nioh 2 un indéniable charme, justement dû à cette difficulté.

Foncer dans le tas n’assurera qu’une mort certaine du protagoniste ! Dans Nioh 2, il s’agit de temporiser, de réfléchir à la meilleure tactique à employer pour progresser dans les diverses missions, d’avancer à tâtons pour mieux appréhender tel ou tel environnement, et surtout ne pas avoir peur de recommencer, encore et encore pour parfaire sa progression. En bon A-RPG, le titre permet de convertir l’ “énergie” (amrita) obtenue en points supplémentaires de caractéristiques de base. Chacun de ces points  faisant progresser d’un cran le niveau général du personnage, l’amrita est la ressource primordiale à acquérir dans Nioh 2 (d’autant que les points supplémentaires deviennent de plus en plus coûteux au fil de l’aventure). 

Esthétiquement, Nioh 2 est tout simplement somptueux, et a fait vibrer l’âme de l’amateur de Japon féodal que nous sommes : cerisiers en pleine floraison, obscurité oppressante, jeux de lumière magnifiques, tout est réuni pour que l’expérience soit la plus convaincante possible sur PS4 Pro. Il est possible de choisir dès le début du jeu entre une version plus fluide et une meilleure résolution. Nous avons opté pour la fluidité, tant elle nous semblait indispensable lors des joutes. 

Nioh 2 est donc un excellent titre, qui plaira aussi bien aux allergiques à Dark Souls qu’aux amateurs de Japon féodal accompagné d’un défi relevé. La ludothèque de la PS4, déjà très bien fournie en titres majeurs, se voit une fois de plus agrémentée d’un titre indispensable : gameplay soigné, réalisation impeccable, level design réussi… autant d’éléments qui satisferont les plus réticents aux jeux “masocores”. Puisqu’on vous dit que ce n’est qu’une question d’habitude…

7

Critique réalisée à partir d’une version fournie par l’éditeur

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