Critique : Resident Evil 3 Remake

En 1999 était publié Resident Evil 3 Nemesis, troisième itération d’une excellente licence dont les deux premiers volets avaient permis de vendre des millions de PlayStation de par le monde, tant visuellement ils flattaient la rétine, tant ils honoraient le genre survival horror de par leur ambiance extrêmement travaillée. Ce troisième opus ne nous avait que modérément plu à l’époque : système  de jeu qui s’essoufflait un peu, situations redondantes et level design qui ne renouvelait pas assez la licence. Pourtant ce remake nous a complètement séduit, voire happé pendant les quelques heures où nous avons dû parcourir les rues et déambuler dans divers endroits de Racoon City. Un remake qui transcende l’original ? Réponse dans les lignes qui suivent.

Afin que vous ayiez une idée de nos goûts en matière de Resident Evil, tant les titres ont été nombreux ces 24 dernières années, voici notre top 3 : en première position vient l’indétrônable Resident Evil 4, pour son gameplay intense, vibrant; en second arrive Resident Evil 7, car il offre l’expérience horrifique la plus aboutie à ce jour (rivalisant avec les titres Project Zero) et en troisième position vient Resident Evil Code Veronica. Resident Evil 3 Nemesis (l’original) est bien loin des marches de ce podium et l’on attendait son remake avec suspicion, malgré l’excellent accueil critique  réservé à Resident Evil 2 Remake. Suspicion complètement disparue une fois la manette en mains et quelques heures de jeu au compteur. 

Le RE Engine, moteur graphique maison de ce titre Capcom, fait merveille, et c’est un euphémisme. Resident Evil 3 Remake offre un aspect visuel tout simplement magnifique : jeux de lumière, effets de particule, photoréalisme, tout est mis en place afin de rendre l’expérience de jeu la plus immersive possible. Notons une mention spéciale au sound design, qui, au casque, propose un excellent rendu : effets sonores, musique d’ambiance propre à la série… Sur le plan technique, notre adhésion a été totale. 

Les séquences d’action, très hollywoodiennes, ne plairont sans doute pas aux joueurs en recherche de survival horror pur et dur, quand bien même Resident Evil 3 Remake offre quelques moments de sueurs froides. L’aspect survie est quant à lui extrêmement bien géré, puisqu’il faut organiser son équipement et économiser ses munitions (dans le cas contraire, la défaite est assurée), ce qui offre du coup divers types de gameplay, d’autant que Jill Valentine n’est pas le seul personnage jouable du titre. Un mot sur les dialogues, qui frôlent parfois le cliché (comme la drague de Carlos) mais touchent au divin à d’autres moments, notamment dans la “relation” Nemesis / Jill.  

En terme de level design, l’oeuvre originale est parfaitement respectée, et les nostalgiques seront aux anges, comme les nouveaux-venus, qui découvriront un classicisme qui a pris un certain âge, certes, mais qui fait toujours mouche ! L’architecture des “niveaux” est bien pensée et offre un côté “puzzle” à résoudre à la fois dans sa construction et dans la gestion des ressources de Jill : un document donne un indice sur un lieu susceptible de fournir une information permettant d’ouvrir un coffre-fort à un dernier endroit. Il faut évidemment faire quelques aller-retours dans Resident Evil 3 Remake, ce à quoi nous ne sommes plus habitués aujourd’hui, mais cela présente un certain charme.

“Intense, magnifique, haletant”, autant de qualificatifs qui conviennent parfaitement à Resident Evil 3 Remake. L’expérience du jeu original est totalement transcendée par cette refonte, pas forcément en en corrigeant tous les défauts, mais en sublimant l’aspect cosmétique et l’atmosphère grâce notamment à un sound design faisant honneur à cette génération de consoles de jeu. En véritable réussite vidéoludique, Resident Evil 3 Remake offre une expérience digne d’être vécue et rejouée jusqu’à plus soif, et entrant au panthéon des meilleurs titres Resident Evil. 

8  

Critique réalisée sur PS4 Pro à partir d’une version fournie par l’éditeur

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