Chronique : Children

Les enfants sont formidables ! Effectivement, quoi de plus mignon et innocent qu’un enfant d’école primaire ? Pour Miu Miura, l’auteure du manga pour public averti Children, ce postulat est mis en perspective par la lorgnette de l’ultra-violence. Le contraste fait-il mouche dans ce manga d’horreur publié au Japon en 2018 par Square Enix ? Mauvais goût et violence gratuite ou scénario réellement élaboré et profond ? 

Children débute alors que Tôru Igarashi, étudiant de 18 ans, accepte un petit boulot extrêmement bien payé : il doit s’occuper des enfants d’un orphelinat isolé dans les montagnes, et également aider aux tâches d’entretien. Tout semble se passer à peu près sans problème pour Tôru, mais dès que la nuit tombe, l’atmosphère de joie et d’innocence qui règne dans l’orphelinat tourne à une boucherie sans nom : les enfants dépècent les adultes sans aucun scrupule ! A tel point que les séquences de dépeçage, de décapitation, d’éviscération et autres joyeuses manières d’égorger les adultes font de Children une oeuvre à déconseiller aux âmes sensibles. 

Vous avez peur du sang, passez d’ores et déjà votre chemin, le manga de Miu Miura n’est pas fait pour vous. Première oeuvre “pro” de cette auteure, on devine à cette dernière un passage par le manga underground : les ustensiles de cuisine servent à faire des cookies le jour et à arracher les yeux la nuit. Vous aurez été prévenu ! 

Toute cette violence, tout ce gore ont pourtant une explication que l’on discerne peu à peu dans le développement narratif. Et cette explication est ce qui pousse Tôru à rester à l’orphelinat, afin d’en savoir toujours un peu plus, malgré la nausée qui peut l’étreindre chaque nuit lorsqu’il assiste aux diverses boucheries. Pourquoi ces enfants s’en prennent-ils ainsi aux adultes ? Quels traumatismes psychologiques et physiques ont pu subir ces enfants pour qu’ils changent complètement de comportement la nuit venue ?

En filigrane, Children traite des sévices de toutes sortes que peuvent subir les enfants de la part des adultes. Le cas de chacun des enfants est peu à peu dévoilé, et cela rend le manga d’autant plus dérangeant, infiniment plus dérangeant que les scènes gores que l’on peut lire ici ou là. Miu Miura traite d’un sujet extrêmement sensible avec une intelligence certaine, et une narration vraiment bien ficelée.

Le premier volume de Children est à conseiller si l’on n’est pas une âme sensible. Brut de décoffrage au premier abord, gore à souhait, cette lecture prend tout son sens au fil des pages que l’on dévore, dévoilant peu à peu des éléments nous tenant en haleine, et traitant intelligemment des problèmes de traumatismes infantiles de toutes sortes. 

Children sera disponible le 24 septembre 2020 aux éditions Omaké Manga au prix de 7,50€

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