Critique : Ys IX : Monstrum Nox

Ca y est ! Le dixième épisode d’Ys est sorti dans nos contrées, environ un an et demi après sa sortie au Japon. Il bénéficie d’une traduction française, du doublage japonais et d’une petite mise à jour corrigeant un problème de crash sur PS5. Que demande le peuple ?

Une fois le jeu lancé, la première chose qui frappe est la réalisation très datée. Les textures sont moches, les couleurs manquent de nuance, les environnement ne sont pas très remplis… Il est un peu difficile au départ de passer outre ces graphismes dignes d’une PS3, voire d’une PS2, pour profiter pleinement du soft. Nos yeux se sont mal habitués dernièrement, surtout quand l’un des derniers jeux qu’ait fait tourné ma chère PS5 était Demon’s Souls… De plus, le jeu plantait régulièrement durant la première moitié de mon expérience et cela ne faisait qu’entraver davantage le plaisir que je pouvais prendre sur Ys IX. Une correction de bugs plus tard et la pilule des graphismes avalée, j’ai tout de même décidé de laisser sa chance à ce jeu d’une franchise qui m’avait déjà séduit plusieurs fois par le passé.

Rentrons tout de suite dans le vif du sujet : ce qui vous attire dans Ys et vous pousse à continuer l’aventure encore et encore, c’est l’histoire. Voilà un action-rpg japonais avec une histoire aussi travaillée qu’accessible. On est loin de la complexité inutile d’un Kingdom Hearts (pardon pour les fans…) et les personnages sont bien plus profonds que dans bon nombre de jeux de ce style. L’histoire ne fait que monter crescendo, vous tenant en haleine et vous réservant son lot de surprises pendant une trentaine d’heures – notons que la fin (à choisir !)est super et vaut le coup. Au début de votre aventure, Adol Christin, le héros des Ys, se fait emprisonner, à tort, dans une immense ville pénitencière. En tentant de s’enfuir, il rencontre un étrange personnage du nom d’Aprilis qui semble lui conférer des pouvoirs. Il devient alors, sans que ni lui, ni le joueur ne comprennent véritablement pourquoi, un monstrum. Votre objectif va alors être d’aider Adol et ses compagnons monstrums rencontrés au fil de l’aventure (six personnages différents sont jouables) , à lever la « malédiction » qui les empêche de sortir de cette ville et à découvrir le secret qui se cache dans l’immense prison au cœur de cette ville.

La mystérieuse Aprilis qui s’impose comme étant votre chef, va vous sommer de vaincre des monstuosités appelés larvas qui envahissent la ville. Participer à ces événements appelés « nuits de Grimwald », va vous permettre petit à petit de dévoiler la map de la ville. Mais en attendant la nuit, il vous faudra d’abord résoudre différentes quêtes annexes (qui sont alors plus souvent obligatoires que facultatives). A force de réaliser des quêtes en tous genres (celles-ci sont variées et ont des histoires travaillées), vous remplissez une jauge qui, une fois pleine, vous permettra d’aller vous battre lors de la nuit de Grimwald dont le gameplay s’apparente à un tower défense. Vous avez un pilier à protéger contre des vagues de mobs successives. En fonction de votre performance, vous recevez une note qui vous confère plus ou moins d’objets à crafter. La nuit réussie, vous débloquez alors une nouvelle partie de la ville et vous relancez dans d’autres quêtes. Pour sortir de la ville, comptez environ 10h de jeu. C’est long et l’on peut malheureusement perdre patience avant. Pourtant, je vous assure, cela vaut le coup que vous vous accrochiez !

Passées 10h de jeu, le rythme ne change pas véritablement mais vous allez maintenant pouvoir accomplir des quêtes à l’extérieur, ce qui rend l’expérience forcément plus intéressante. Le décor change, les mobs aussi, tout comme le type de mission qu’on peut vous attribuer. Plus vous progressez, plus vous débloquez de choses dans votre repère ; une auberge que vous avez ouverte au départ pour cacher vos alliés monstrums qui sont craints et mal vus par la majorité de la population. Heureusement pour eux et pour vous, vous pouvez tout de même adopter une autre apparence pour ne pas que l’on vous assaille dès que vous mettez le nez dehors ! Votre repère vous permet donc d’améliorer les phases de Tower Défense dans les nuits de Grimwald en achetant par exemple des tourelles ou en améliorant la défense du cristal à protéger. Vous pouvez aussi débloquer et améliorer des armes, cuisiner des recettes bien utiles en combat, débloquer des récompenses en allant chercher différentes choses sur la map (pétales de fleur, panoramas, écritures sur les murs…), créer des potions… L’ensemble est très plaisant et on se prend au jeu. En dehors de cela, notons que vous vous retrouvez de temps en temps propulsé dans la prison, sans aucun pouvoir de monstrum, et sans qu’on vous explique le pourquoi du comment. Ces phases ne sont pas passionnantes mais servent très bien l’histoire. Encore une fois, soyez patients, le jeu vous réserve des surprises !

Mais parlons maintenant du nerf de la guerre dans tout action-rpg : les combats ! Le jeu propose dès le départ six niveaux de difficulté. Personnellement, comme à mon habitude, j’ai commencé en « normal » mais clairement, cela manquait de challenge. Je vous conseille donc, si ce n’est pas votre premier a-rpg, de commencer directement en difficile. Le niveau normal manque de fun et vous propose même de passer les donjons automatiquement dès lors que vous échouez une fois. De manière générale, le jeu est rarement contre vous et même en mode difficile, lorsque vous vous faites battre par un boss, vous avez la possibilité de réessayer en diminuant un peu la force de celui-ci. Je ne vous cache pas que cela m’a bien aidée pour le boss final qui est très long et bien balèze ! En outre, le gameplay est très bien foutu et va à l’essentiel : on martèle carré, on lance des super techniques (quatre possibles par perso) ou notre technique ultime qui se débloque en faisant monter une jauge à force de frapper…et c’est tout ! Régulièrement, vous débloquez tout de même d’autres compétences mais seuls quatre emplacements sont disponibles dans votre attirail. Il va donc falloir choisir ! Certains trouveront certainement que c’est trop léger mais moi je dirais que c’est efficace ! De même, lorsque vous équipez vos personnages vous n’avez que quatre places pour une arme, une armure et deux accessoires (et bien sûr, comme c’est un jeu japonais, il y a quelques emplacements pour « décorer » vos persos mais cela n’est d’aucune utilité !). On ne passe donc pas trois heures chez le marchand ! Enfin, vous prenez assez vite des niveaux et atteignez assez facilement le niveau 80 en fin de partie, sans à peine avoir besoin de farmer. L’ensemble est donc fun, efficace, et permet tout de même, avec ses six niveaux de difficulté, d’apporter un peu de challenge aux acharnés !

Vous l’aurez compris à la lecture de ce test : j’ai aimé Ys IX et je n’ai fait que l’aimer de plus en plus au fur et à mesure que son histoire se déroulait. Alors oui, il a des défauts dont le principal est sans doute qu’il est complètement à côté de ce qui se fait actuellement (graphismes datés, map petite et longtemps fermée, gameplay limité pour les combats) mais qu’il est bon de s’y aventurer, de suivre ses personnages auxquels on s’attache de plus en plus et de voir des explosions de couleurs lors des combats efficaces et dynamiques à souhait ! Ce jeu ne plaira pas à tout le monde mais il a le mérite que l’on s’y intéresse !

7

Critique réalisée à partir d’une version PS5 fournie par l’éditeur

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