Critique : Outriders

Monsieur « Gears Of War » et Madame « Destiny » eurent un enfant. Ils le nommèrent « Outriders ». Il a les yeux de sa mère et les biceps de son père. 50 gigas à la pesée, il fait le bonheur de ses parents. Outriders est édité par « Square Enix » que l’on ne présente plus et développé par « People Can fly » à qui l’on doit (justement) « Gears Of War Judgment», « Bulletstorm » et « Painkiller » entre autres. Pas besoin d’être devin pour s’attendre à quelque chose de très bruyant… Jeunes parents, sortez vos casques et coupez vos subwoofers ! C’est un conseil d’ami.

En effet, le studio en charge est spécialisé dans l’action nerveuse avec en face des adversaires très offensifs et un déluge de bastos. Le tout est saupoudré d’un peu de magie et de mécanique RPG. Ce qui nous donne un jeu bourré d’action avec du loot et des compétences à débloquer, jouable seul ou en coopération.

No Future !

L’intrigue se situe après la destruction de la terre. Les rares survivants s’enfuient dans l’espace et la plupart des terriens sont cryonisés dans des capsules. En quête d’une nouvelle planète habitable, l’humanité forme un bataillon d’anciens soldats d’élites formés pour l’exploration. Ces derniers sont largués dans des mondes hostiles afin d’exécuter toutes sortes de missions et d’assurer la protection du personnel scientifiques. Ces soldats, ce sont les « Conducteurs d’extérieurs » !!! Mais en anglais ça en jette plus, alors nommons-les « Outriders ».

Notre protagoniste est justement l’un d’eux. Et après une brève mais efficace personnalisation de notre avatar, nous voilà largués sur une planète luxuriante avec une équipe de scientifiques et son personnel d’accompagnement. Tout indique que c’est la planète de leur rêve. Air pur, eau douce à profusion, nature abondante et faune diverse et variée.

Mais soudain c’est le drame !

Une tempête s’abat sur la planète et d’étranges orages déciment les rangs de nos valeureux explorateurs. Certains sont tout bonnement vaporisés alors que d’autres sont juste sonnés. C’est le cas de notre héros qui est blessé à la suite de cette tempête et cryonisé à la hâte.

30 ans plus tard, il est réveillé en panique et constate avec horreur que ce monde jadis si beau est en proie à une guerre sans merci entre 2 factions, et surtout, qu’il se retrouve affublé d’étranges pouvoirs. Il est devenu ce que l’on appelle dans le jeux un altéré.

Le choix des armes

Outriders est un mélange de plusieurs genres. Beaucoup d’actions et de combat nerveux mais intégrés dans une mécanique RPG-loot à l’instar d’un « Destiny » et bien d’autres.

Nous incarnons un altéré qui après s’être fait foudroyer par cette drôle de tempête développe un don ésotérique qui diffère selon 4 classes. Ainsi nous aurons comme dans la plupart des RPG coopératifs le tank, le tireur, l’éclaireur et le dernier de la classe qui est moyen en tout.

Nous n’évoluerons pas dans un monde ouvert mais dans plusieurs grandes zones divisées en plusieurs segments plus ou moins connectés. Chaque zone possède un hub qui sert de bourse aux armes, de centre d’achat d’équipement, de point de ralliement avec d’autres joueurs et d’interaction avec des PNJ.Il est utile également pour se reposer le cerveau après quelques gunfights de malade.

Bien que le jeu soit un RPG action il est plutôt simpliste en comparaison de ses confrères. Le terme « arcade » est souvent utilisé pour décrire la mécanique de cette œuvre. Ce qui est mis en avant ce sont clairement les combats spectaculaires et intenses. Un gros travail a été fait sur l’impression de puissance des armes à feu qui est absolument grisante. À tel point qu’après avoir mitraillé un pauvre bidasse de 50 pruneaux, notre doigt ne veut pas quitter la détente de notre pétoire tellement son ramdam est défoulant.

Les effets des différents pouvoirs sont très sympas et très réussis dans leur majorité. Vous en débloquerez huit par classe et vous pourrez en sélectionner trois utilisables en combat. Leur choix fera pencher la balance en votre faveur lors de certaines mauvaises rencontres vous obligeant à choisir le bon pouvoir pour telle ou telle situation. C’est comme dans une boîte à outil. De plus ils sont encore plus dévastateurs lorsqu’ils sont utilisés à la suite au bon moment. Malgré son approche simpliste du genre, le jeu permet tout de même d’être créatif en usant des bonnes armes et des bons pouvoirs à un moment donné.

L’ art de la guerre

Dès les premières minutes de jeux, on sent l’influence de « Gears Of War ». Le gameplay est identique avec de la magie en plus. Pas étonnant pour un studio qui a développé les 2 derniers jeux de cette licence. Ils sont rôdés à ce style et auraient tort de s’en priver. Ainsi on court tête baissée de couvert en couvert avec style. On arrose l’ennemi par des tirs précis ou à l’aveugle.

Dommage que le corps à corps ne soit pas plus étoffé, et on regrettera aussi l’absence de grenades.

Mais la magie les remplace allègrement. Elle donne des avantages tactiques lors des combats. Par exemple la classe de l’éclaireur (l’illusionniste dans le jeu) permet de se téléporter dans le dos d’un ennemi derrière sa position de couverture. Combinez ce talent à un bon vieux fusil à pompe et un pouvoir de dégât de zone et c’est le nettoyage de printemps.

C’est bien là le sel de ce jeu lorsque vous jouez en coop. Chacun à ses petites spécialités qui favorisent le teamplay, rendent les affrontements pêchus et génèrent des moments épiques.

Quel beau morceau !

Techniquement abouti, le jeu fait honneur aux consoles actuelles. Il n’est pas une révolution graphique mais ça fait le café ! On s’arrête volontiers entre deux canardages pour prendre quelques photos des environs. Car l’un des points fort de cette œuvre c’est l’originalité des régions que l’on arpente. En plus d’être variées, les zones sont pensées pour nous renseigner sur le passé de cette planète. Le level design est très riche et fourmille de petits détails qui donne de la vie à l’ensemble.

Les visages des protagonistes sont également très bien modélisés. La manière dont les adversaires se déplacent de position de couverture en position de couverture est réaliste et surtout très dynamique. L’intelligence artificielle des soldats ennemis est un peu limitée mais très offensive. Ils sont un peu cons mais très motivés. On est vite submergé par ses derniers si l’on se contente de camper derrière une bute.

Bollywood

Hélas, trois fois hélas nous arrivons au point le plus négatif du jeu. L’écriture et le jeu des acteurs. C’est digne d’un film d’Uwe Bolt. Pourtant même si le scénario sent le réchauffé et ne brille pas par son originalité cette histoire aurait pu être passionnante si les personnages avaient un peu plus de charisme. Carton rouge pour le héros de cette épopée dont la motivation égale le zèle d’un caissier de Super U un samedi après-midi. C’est bien dommage car un univers si réussi aurait mérité plus de soins.

Ce titre est un shooter agrémenté de quelques mécanique RPG et non l’inverse ! qu’on se le dise. Il conviendra aux fans d’actions et de poudre noire qui ne veulent pas trop malmener leur matière grise. La réalisation impeccable, sa fluidité et l’originalité de son univers font oublier ses quelques lacunes et son côté nanard. C’est beau, c’est classe, ça défoule, c’est esthétiquement réussi et c’est exactement ce que prévoyait le cahier des charges. En fait cette œuvre rappelle « Bulletstorm » qui avait ce côté série B en restant très original dans son esthétique et son level design. Le gameplay est répétitif et toute les missions se ressemblent mais l’intensité des combats et la récolte d’armes toutes plus classes les unes que les autres font que l’on passe de très bons moments. Particulièrement en coop !

7

Critique réalisée sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par l’éditeur

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