Critique : R-Type Final 2

R-Type en 1987 avait défrayé la chronique dans les salles d’ arcade, en  incarnant le shmup inventif, novateur et technique. Il s’était  vu porter sur tous les supports de l’époque, y compris nos fidèles Amstrad CPC. L’une des itérations de la licence, R-Type Final premier du nom, se proposait sur PlayStation 2 d’offrir aux joueurs l’expérience R-Type ultime : pas moins de cent vaisseaux aux armes aussi diverses que variées, vingt niveaux de jeu (ce qui est énorme pour un shoot’em up), une réalisation en 3D pour un gameplay classique en 2D ont fait du cru 2003 un R-Type mémorable. Issu cette fois d’un financement participatif, R-Type Final 2 reprend les bases de cet aîné en lui offrant un enrobage cosmétique actualisé sous Unreal Engine.

Dès le jeu lancé, R-Type Final 2 met dans l’ambiance, en offrant une vue FPS afin de retranscrire les sensations du pilote s’installant aux commandes de son vaisseau sur une bande-son techno-lyrique. Les impatients, trépignant depuis 2003 à l’idée de massacrer des ressortissants de l’Empire Bydo, devront attendre encore un petit peu. Une fois en mode scrolling horizontal, il est encore possible d’admirer la réalisation sous Unreal Engine, vraiment réussie, et on peut apprécier le fossé visuel entre l’opus de 2003 et celui-ci (sans parler de la version Amstrad CPC). Que ce soit au niveau  des effets visuels, du background modélisé en 3D ou de l’identité artistique de chacun des niveaux, R-Type Final 2 est indéniablement réussi.

Seul souci sur le plan graphique : quelques bugs d’affichage, assez rares, viennent ternir le tableau, tout comme la lisibilité. Au rayon des défauts, on pourra noter une erreur de traduction ici ou là (mais qui fleure bon le shmup d’antan), beaucoup de recyclage d’anciens R-Type, mais qui raviront le nostalgique, et enfin un nombre de niveaux moins important que celui qu’offrait R-Type Final premier du nom. Ce qui semblerait n’offrir qu’une courte durée de vie propose en réalité un contenu tout bonnement colossal. Cent vaisseaux, un système d’upgrade et de personnalisation de ces derniers vraiment bien conçu, quelques exclusivités réservées aux financeurs de la campagne s’ajoutent à un système de scoring classique pour offrir toujours plus de durée de vie. 

Pad en mains, on retrouve ses sensations rapidement. Tir normal, bouton pour gérer la “Force” (le pod), bouton pour gérer le tir chargé. Il est même possible (et indispensable dans certaines situations) de changer la vitesse de son vaisseau. Par contre, le titre de Granzella est infiniment plus facile que le cru de 1987. Il reste d’une difficulté ardue, certes, mais les tirs ennemis sont beaucoup plus lents, par exemple. R-Type Final 2 reste parfaitement abordable en termes de difficulté avec de l’entraînement et de l’apprentissage. Il faut connaître les patterns des boss sur le bout des doigts pour espérer les vaincre. Ce point de vue rétro donne sa principale force au jeu, et les nostalgiques comme les accros à Dark Souls seront aux anges.

Le contenu colossal comme le gameplay de R-Type Final 2 en font l’un des shoot’em ups les plus rejouables de l’Histoire, et par transition l’un des plus longs en termes de durée de vie. Ardu, certes (mais beaucoup moins qu’un Ikaruga, par exemple, ou qu’un R-Type premier du nom) mais tout de même abordable si l’on s’en donne les moyens et le temps, le jeu de Granzella est un véritable concentré de nostalgie efficace et de gameplay soigné, saupoudré d’une réalisation sympathique. Il connaît certes quelques rares défauts, mais son challenge ravira les fans comme les plus récalcitrants à la licence, et les fans de beau mecha design, aussi.

8

Critique réalisée sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur. Le jeu est également disponible sur PS4, Nintendo Switch et Xbox

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