Critique : Resident Evil Village

Les événements narrés dans ce nouveau Resident Evil intitulé Village, prennent place peu de temps après le précédent volet. Nous y incarnons à nouveau Ethan Winters qui, après être parti à la recherche de sa femme, va désormais devoir affronter moult créatures, toutes plus horribles les unes que les autres, pour retrouver sa fille. Serez-vous prêt à le soutenir dans cette aventure effrénée où l’horreur règne en maître ? Le jeu saura-t-il satisfaire vos attentes de joueur friand de FPS et de survival horror ? C’est ce que nous allons essayer de voir ensemble.

Au début du jeu, Ethan Winters vit tranquillement avec sa femme Mia et leur adorable bébé Rosemary. Vous prenez petit à petit vos marques avec le jeu en évoluant dans leur belle et grande maison quand, tout à coup, surgit quelqu’un que les amateurs de la licence connaissent bien : Chris Redfield. Avec ses copains armés jusqu’aux dents, il casse la porte de votre baraque, mitraille votre femme, enlève votre bébé…et vous, au passage ! Vous vous réveillez quelques instants plus tard, seul, dans un fourgon accidenté. Autour de vous, il fait nuit sombre et la neige recouvre le paysage. Vous vous aventurez dans cette nature sombre et sauvage au moyen d’une faible lumière, sans savoir ce que vous faites là ni où vous devez aller. Heureusement, en tant que joueur, vous n’êtes pas perdu car le jeu est suffisamment scripté pour que la route se trouve aisément sans trop d’efforts. Nous sommes faussement dans un monde ouvert mais cela est plutôt rassurant. On n’a clairement pas envie de se perdre dans ce décor lugubre !

Dès le début, le jeu se révèle donc très immersif (même en l’absence de réalité virtuelle) et bien flippant ! Après un temps passé sous la neige, vous arrivez dans ce fameux « village » horrifique. Les premiers monstres croisés sont de vrais colosses et il faut leur mettre plusieurs balles dans la tête pour en venir à bout. On est bien dans un « survival horror », il n’y a aucun doute ! Pour retrouver votre fille, vous allez devoir progresser dans ce village et passer par quatre donjons bien différents avec à chaque fois un boss particulièrement cradingue à la fin. Vous retrouverez rapidement le manoir teasé avec l’immense vampire qui est sans doute le personnage le plus classe du jeu ! En tout cas, elle est clairement plus cool que notre Ethan Winters qui est un sacré boulet et qui est le point noir du jeu. On ne ressent pas la peur chez lui et cela gâche un peu l’immersion. Ses réactions et ses prises de parole sont souvent stupides et manquent trop de réalisme (bien que ce dernier point soit justifié à la fin du jeu…). L’histoire reste agréable à suivre même si cela part un peu dans tous les sens. Il y a une véritable fin – que vous verrez apparaître au bout d’une douzaine d’heures en prenant votre temps – mais la suite est clairement annoncée après le générique de fin.

L’histoire est donc construite autour de différents donjons dont chacun comporte son lot d’énigmes et de mobs à tuer. Ils sont tous conçus bien différemment et cette variété est un vrai plus dans le jeu. On ne s’ennuie pas ! Certaines zones sont plus axées sur l’action et ça défouraille parfois dans tous les sens ; d’autres se concentrent plus sur des énigmes (qui peuvent vous ralentir un peu trop dans votre progression et faire redescendre malheureusement la pression) ; quelques-unes sont vraiment effrayantes (la maison avec les marionnettes), d’autres beaucoup moins (l’usine dans son ensemble). Encore une fois, c’est varié et il y en a pour tous les goûts. De plus, le vendeur ambulant du jeu est un ajout très bien fait, il propose différentes améliorations au fil de la progression et adapte son offre à l’avancement du joueur. Il propose notamment des passifs à travers des plats cuisinés avec les ingrédients ramassés sur les gibiers croisés pendant vos dédales. Il n’est pas du tout obligatoire de tuer ces animaux (seules bêtes innocentes de l’histoire) mais ces différents repas vous aideront beaucoup à passer les épreuves qui vous attendent.

Enfin, rappelons une nouvelle fois que l’une des innovations sur cet épisode était de créer la sensation du monde ouvert (car ça n’en est pas un) et le jeu sait exactement quand vous faire ouvrir telle porte ou vous autoriser tel équipement. On notera cependant cet effort d’aller vers un monde où vos choix se font une source de stress et d’angoisse supplémentaire. Ai-je bien fait de monter à cette échelle avant d’aller dans le jardin ? Pourrai-je revenir ici crocheter cette serrure ? Nous sommes dans une aventure cadrée avec une mise en scène soignée, que la série a toujours bien gérée d’ailleurs, et cet épisode n’y déroge pas. Aussi l’ambiance sonore s’avère elle toujours immersive et vous ne manquerez pas de sursauter régulièrement à cause des bruits environnants qui vous feront craindre, souvent à raison, l’arrivée d’horribles créatures.

Malheureusement, la série bien que brillante par de nombreux aspects, tant dans son ambiance que dans sa capacité à se renouveler, n’a jamais proposé une sensation agréable manette en main. Il faut s’accrocher pour arpenter les couloirs horrifiques du jeu, car Ethan a bien du mal à viser tout en se retournant, sa course est fatiguée et le réticule ne se positionne pas vite. On n’oublie pas d’où la franchise vient et on peut lui concéder que son gameplay fait partie du traumatisme. Par contre, il faut souligner (test réalisé sur PS5) que les nouveautés techniques de la manette de Sony sont bien exploitées et rassurent quant aux capacités des studios tiers à les exploiter de façon régulière. Chaque arme a sa propre résistance sur la gâchette et le frisson des différents environnements se ressent en vibrations variées. Cette montée en puissance des machines permet également un jeu sur les lumières qui n’était pas autorisé avant mais à certains moments l’effet de persistance rétinienne est tellement fort, que l’on peine longtemps, trop longtemps, à s’habituer à l’obscurité. Jouer la journée est un vrai défi sur certains passages, pour peu que votre écran ne prenne pas en charge les noirs correctement. Mis à part ce souci, le jeu est d’une qualité graphique tout à fait honorable par rapport aux standards d’aujourd’hui.

Pour conclure, ce Resident Evil nous a plu et nous y avons passé de belles soirées à se jeter la manette dans les moments critiques pour avoir le luxe de respirer et de se détendre quelques instants ! Nous avons pesté quelques fois après le gameplay rigide, des énigmes tordues ou des monstres carrément cheatés, mais nous avons continué car, bon sang, c’était quand même une sacrée catharsis de se plonger dans cet univers si sombre et si gore ! C’est sûr, nous serons là au prochain rendez-vous RE !

7

Critique réalisée sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Laisser un commentaire