Critique : Returnal

Le studio finlandais Housemarque, déjà dans le giron de Sony à la génération précédente, nous avait gratifié entre autres de l’excellent Resogun. Sony prend cette-fois le risque de publier un AAA en mode roguelike (donc à la difficulté élevée), qui ne pourra pas plaire à tout le monde. Le risque pris en valait-il la peine ?

Dès son introduction, Returnal nous met dans la peau d’une astronaute s’échouant sur une planète hostile, dans une tradition rappelant à la fois Alien et Metroid. Et cette introduction se verra répétée encore et encore, sous des angles différents, car le titre de Housemarque est un roguelike. On y progresse (en termes de maîtrise du gameplay) de run en run afin de s’offrir le luxe de parvenir toujours un peu plus loin, et de découvrir les tenants et aboutissants du cycle et des mystères qui entourent notre astronaute.

Dans Returnal, pas de checkpoint pour sauvegarder sa progression : il s’agit bien de parcourir la planète de zone en zone de façon cyclique, mais le jeu n’en est pour autant pas répétitif, puisque chaque run est différent en termes de level design. L’architecture des niveaux est en effet procédurale, et chaque zone se met en place différemment d’un essai à l’autre, proposant des reliques et des power-ups à chaque fois différents. Il nous est arrivé par exemple d’effectuer une tentative pendant laquelle tous les power-ups étaient nocifs au protagoniste. Appréciez la hauteur du challenge !

Extrêmement nerveux, le gameplay de ce titre finlandais est pourtant aisé à prendre en main. Des déplacements rapides, un dash, un saut, différents degrés d’appui sur la gâchette de gauche afin de sélectionner son type de tir, et c’est à peu près tout : rien qui viendra dérouter le joueur aguerri, donc. Il faut connaître sur le bout des doigts les patterns adverses pour progresser d’un cycle à l’autre, comme “à l’ancienne”, ce que les retrogamers dans l’âme apprécieront. D’autant que déambuler sur les diverses zones de la planète du titre de Housemarque est un véritable régal pour les yeux et les oreilles.

En effet, l’ambiance Metroid / Alien est sublimée par une excellente réalisation graphique. La PlayStation 5, preuve en est, est capable de faire tourner de magnifiques assets. Ce que les esthètes apprécieront bien entendu. Un mot sur la spatialisation audio, qui améliore encore l’immersion, comme s’il en était besoin, et qui, à l’aide d’un casque approprié, permet d’entendre chaque détail et sa source avec précision. 

Returnal dans les grandes lignes de son concept pourrait faire penser à un Risk of Rain jouable uniquement en solo et boosté par le financement et le marketing de Sony Interactive Entertainment. Et l’hommage est réussi : le titre de Housemarque a aussi bien la nervosité du gameplay que la qualité du level design comme cordes à son arc, deux éléments saupoudrés d’une mise en scène et d’une ambiance à la fois classiques, référencées et percutantes. Returnal est également exigeant, c’est un roguelike à la progression difficile, demandant au joueur une infinie patience, et qui met en scène une femme d’âge mûr, loin des clichés hypersexualisés que le jeu vidéo véhicule trop souvent. On saluera donc la double prise de risque très louable de la part de SIE dans le cadre de la production de ce jeu AAA. 

8

Critique réalisée sur PS5 à partir d’un code fourni par l’éditeur

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