Critique : Hidden Deep

Hidden Deep est un jeu indépendant développé par Cogwheel Software et édité par Daedalic Entertainment qui aura su se faire attendre par toute une communauté de joueurs amateurs de sensations anxiogènes. En effet, le jeu s’annonce comme un survival horror en 2D s’inspirant sans complexe des films The Thing et   Aliens ainsi que d’autres films de science-fiction horrifiques sortis ces 30 dernières années. De quoi faire saliver lorsque l’on est fan du genre. Annoncé au préalable pour courant 2021 sur Steam, il sortira finalement le 24 janvier 2022 en early access avec les 10 premiers niveaux de la campagne solo qui offrent une durée de vie déjà conséquente et un mode défi qui sont des missions aléatoires dont certaines sont jouables en coop. Suivra cette année encore, la suite de l’aventure avec du nouveau contenu, un mode multijoueur plus étoffé et un mode PVP ! Mais c’est de la musique d’avenir. 

La fausse Marianne 

L’histoire se déroule dans une utopique faille océanique de 10km de profondeur avec en son fond un complexe minier de recherche financé par Locke Industrie. Et soudain, patatra ! Plus moyen de contacter le personnel de cette base sous-marine. Après 681 jours de silence radio, une équipe de recherche est envoyée enquêter sur place pour se rendre compte assez vite qu’il n’y a plus âme qui vive par là-dessous. Un scénario qui mélange  « Aliens » et « The Thing » vu et revu dans nombre d’œuvres et c’est tant mieux ! Cette recette nous régale depuis de nombreuses décennies et accompagne à merveille le jeu vidéo. 

Stranger Things ? 

Le gameplay se décompose en 3 axes majeurs. Tout d’abord notre protagoniste, un éclaireur répondant au nom de Murphy (il y a un nombre incalculable d’hommages dans ce jeu) parcourt son environnement un peu comme dans les jeux 2D « Prince of Persia ». C’est-à-dire dans des phases de plateformes punitives dans lesquelles un saut mal ajusté ou un piège non évité se solde par une mort violente. Le 2e axe, c’est la gestion des objets et d’équipements spécifiques à l’exploration des cavernes et des couloirs tentaculaires. On pourrait presque parler de spéléologie. Car à l’aide de notre grappin utilisable comme une tyrolienne ou pour descendre en rappel, nous évoluons dans un dédale obscur avec parfois comme seule lumière notre lampe frontale. Les puits et les passages étriqués sont légion. Vous devrez ramper dans des tunnels, arme à la main. Claustrophobes, passez votre chemin ! Le 3e axe, c’est les gunfights. Sachez qu’en ces lieux un organisme hyper offensif vous traque sous la forme de créatures immondes et complètement adaptées à son environnement. C’est pourquoi, vous devrez gérer votre arsenal et adapter votre puissance de feu selon la situation. 

The descent 

Au fur et à mesure que vous vous enfoncerez dans les profondeurs de ce complexe minier, vous croiserez des créatures de plus en plus dangereuses mais vos moyens évolueront également. Seul en début d’aventure, des renforts vous rejoindront pour vous prêter main forte. En plus de l’éclaireur à l’aise dans le maniement des armes et de l’exploration, l’ingénieur est capable de manipuler tout type d’appareil et de véhicules d’excavation ou de construction. Vous devrez gérer les installations laissées à l’abandon comme les génératrices, les turbines, des terminaux, des pompes de secours contre les inondations, des stocks de matériels restants et différents locaux afin d’avancer dans votre exploration. Tout cela rend l’expérience très immersive et du coup vous en apprend un peu plus à chaque mission sur ce qui s’est vraiment passé. Vos objectifs de missions sont transmis par votre employeur par radio. Il se soucie autant de votre santé que de sa première barboteuse et n’hésite pas à envoyer ses petits soldats au casse-pipe. En fait les seuls dialogues du jeu sont entre vous et ce PDG antipathique de Locke Industrie qui tire les ficelles. 

Tout au talent ! 

Esthétiquement simpliste, c’est par les contrastes bien trouvés que le jeu nous flatte la rétine. Ainsi, les sombres dédales éclairés sobrement par des néons disposés çà et là ou par notre lampe frontale mettent l’ambiance en place. A contrario, l’organisme hostile tapissant les murs des grottes et des couloirs industriels ainsi que les créatures tirent plutôt sur des teintes de rouge. Ce qui nous donne un rendu visuel réussi et rend le jeu agréable à parcourir. A l’instar de « Super Metroid » sur Super Nes qui, ma foi, à plutôt bien vieilli grâce à l’harmonie des couleurs utilisées à l’époque. 

Sous l’océaaaaaan, sous l’océaaaaan 

Les sons et les musiques sont de bonne facture. Dans la noirceur des dédales et des passages étroits, les prédateurs rôdent et sont identifiables à leurs bruits. Ce qui oblige le joueur à être très attentif durant sa progression. Au fur à mesure de votre avancée, vous serez un expert de la faune hostile de cet obscur environnement. La proie devenue chasseur en quelque sorte. La bande-son est réussie. Elle fait froid dans le dos et suggère que votre heure arrive tantôt. 

Hidden Deep est un condensé d’idées bien trouvées qui servent le gameplay à merveille. Le jeu est fun, tout simplement. Malgré un budget sûrement modeste, le jeu rend l’expérience immersive et horrifique. Il fait honneur à ses pairs, dont il s’inspire. Le cahier des charges du bon petit survival horror est rempli en y ajoutant des concepts novateurs. Et pour couronner le tout, sachez que cette pépite a été réalisée par un seul développeur. Chapeau l’artiste ! Une seule chose à dire pour conclure, vivement la suite de cette histoire qui arrivera dans le courant de cette année ! Personnellement, il me tarde de retourner dans cet enfer. 

9

Testé sur PC en early access à partir d’une clé Steam fournie par l’éditeur

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