Critique : Destiny 2 La Reine Sorcière

Destiny est devenu une sorte d’institution au fil des ans, et comme toute institution, le sentiment était que le titre de Bungie ne se renouvelait peut-être pas assez, voire lassait certains joueurs, malgré un contenu faramineux. Le DLC La Reine Sorcière peut-il changer la donne ?

Ce qui frappe le plus en parcourant les zones de jeu propres à ce nouveau DLC est sans contexte son ambiance. La licence Destiny a toujours pu se targuer de proposer des environnements High Fantasy / SF vraiment impressionnants et le monde de Savathûn place la barre encore un peu plus haut, avec ses tons mauves sur fond blanc des plus originaux qui parsèment les décors. Ambiance également sublimée par une narration et un personnage antagoniste (Savathûn, donc) des plus charismatiques. 

En déambulant dans les nouveaux décors du looter shooter de Bungie on est également marqué au fer rouge par la bande son et le sound design. L’OST est à la fois oppressante, nous faisant transpirer dans les dédales proposés par les level designers du jeu, et épique, accompagnant les séquences de shooting de la meilleure des façons. On a l’impression d’écouter du Trent Reznor dans ce qu’il peut produire de meilleur quand il est chargé de composer des bandes originales de films ou de séries, accompagné par Atticus Ross. De la part de votre serviteur, c’est un immense et sincère compliment.

Passées ces impressions somme toute purement esthétiques, force est de constater que les ajouts en gameplay ne font que renforcer encore des bases extrêmement solides. Certes Destiny reste Destiny et certains se plaindront d’une IA qu’ils ne trouveront parfois pas à la hauteur (pourtant elle a été tellement améliorée depuis le premier opus, et offre de tels moments de fun et de flow dans les joutes auxquelles participent de nombreux protagonistes), mais ils ne pourront pas nier le fait que d’énormes efforts ont été fournis afin de proposer un game design et un level design à la fois inspirés et novateurs.

La souvenance, dans un premier temps, offre des moments de platforming assez intéressants : le joueur doit activer des plateformes dans un temps limité afin d’atteindre tel ou tel endroit. Dans le même esprit, il est possible de faire apparaître des cibles à éliminer en temps limité ou encore des passages jusqu’alors invisibles. Le sentiment d’exploration n’en est qu’amélioré, dans un cadre immersif des meilleurs jours. La nouvelle arme proposée, le glaive, qui peut être utilisé au contact ou à distance, est également intéressante, tout comme le système de crafting qui permet de “repenser” toute arme depuis le début. 

Côté level design, on ne peut qu’apprécier le nouveau style de shooting qui a été mis en place puisque (attention, spoiler) les adversaires se sont emparés de la Lumière, et qu’il s’agit de détruire celle-ci à distance ou au contact pour s’en débarrasser définitivement. Ne spoilons pas par contre l’intrigue, toute en trahisons et rebondissements, qui pourrait suffire à un jeu en stand-alone pour tenir le joueur en haleine. Car osons l’écrire, La Reine Sorcière pourrait être vendue de par son contenu comme un unique jeu de tir, de qualité qui plus est.

La possibilité grâce au mode Légendaire de rendre le jeu de Bungie accessible aux casual gamers (qui éviteront ce mode, donc, destiné aux plus assidus) est également un plus non négligeable. On chipotera pour finir au sujet du character design souvent too much de Destiny 2, qui a pourtant le mérite d’être très original.

Se renouveler après tant d’années n’est pas chose évidente, et pourtant le looter shooter de Bungie propose avec ce DLC peut-être sa meilleure expérience de notre point de vue. Nouvelle narration, changements conséquents dans le gameplay, améliorations dans le crafting, sound design d’anthologie sont autant de facteurs qui font de La Reine Sorcière un excellent titre, d’autant qu’il n’est pas nécessaire de débuter au « premier volume » pour profiter du jeu. Foncez !

9

Critique réalisée sur Xbox Series X à partir d’une clé fournie par l’éditeur

Laisser un commentaire