Critique : Blackguards 2 (Nintendo Switch)

Sorti en 2015 et ayant reçu un accueil critique correct cette année-là, comment le titre de Daedalic compte attirer le chaland sur Nintendo Switch en 2022 ?  Accuse-t-il le poids des années en termes de gameplay ? Son univers, qui peut profiter de la richesse du jeu de rôle papier L’Oeil Noir sorti dans les années 80, propose t-il une immersion digne de ce nom sur la console hybride de Nintendo ? Autant de questions essentielles qui vont trouver leurs réponses dans les lignes qui suivent.

Sur le papier, la proposition de Blackguards 2 est plus qu’alléchante : un tactical RPG sur damier hexagonal dans l’univers de L’oeil Noir, le fameux jeu de rôle papier allemand des années 80 qui a fait découvrir la discipline à tant de gamins des années 80. Sa dernière édition, critiquée parfois pour sa complexité – certains se plaignent d’une mesure de l’encombrement des personnages qui n’a plus lieu d’être dans un jeu de rôle papier récemment remis au goût du jour, par exemple – offre un background médiéval fantastique réellement qualitatif, quoiqu’assez classique : une alternative très sympathique à Dungeons & Dragons.

Cet aspect se ressent bien lors des diverses cutscenes parsemant Blackguards 2, ainsi que dans les dialogues, au demeurant extrêmement bien doublés en anglais, très riches. Sur le plan graphique, par contre, la réalisation laisse réellement à désirer et on a l’impression de faire face à un jeu de 2004 plutôt qu’un T-RPG de 2015. Et c’est vraiment dommage car l’immersion en pâtit beaucoup. On aurait tellement apprécié une retranscription du background de Das Schwarze Auge (comme l’appellent ses intimes) à la mesure de ce qu’il devrait être, c’est-à-dire flamboyant. Quand bien même on n’en aurait pas autant demandé, un minimum de textures ici et là auraient été les bienvenues. Les faces de polygones n’ont pas été aussi lisses depuis 2004, comme nous le disions.

En termes de gameplay et de level design, le jeu offre un bon feeling de T-RPG, ( et ces hexagones, miam !) mais on sent encore une fois un manque cruel de finition. L’intelligence artificielle est parfois complètement dans les choux, et on a eu à faire face à des ennemis aux réactions pour le moins étranges. Lorsqu’un passage est bloqué par deux des sbires adverses, leurs compagnons ne viennent pas en renfort (ou au moins une partie d’entre eux), mais choisissent un autre chemin, extrêmement long, qui verra ne jamais arriver lesdits compagnons pour en découdre avec l’équipe du joueur. Quel dommage ! Côté level design, par contre, les champs de bataille sont assez variés pour ne pas lasser et le challenge se révèle sympathique, si tant est que l’on est capable de passer outre les quelques défauts cités plus haut. Le système de progression est agréable également, quoique complexe à appréhender les premières heures. Du Schwarze Auge pur jus… 

Vendu aujourd’hui moins d’un euro sur Steam, on peut douter de la légitimité de ce portage Switch, d’autant plus que le Steam Deck commence lentement mais sûrement à s’implanter. Il n’en reste pas moins que l’on passe de bons moments à batailler contre l’IA (dont le pathfinding est parfois dans les choux) et à optimiser ses troupes, et ce en mode nomade, tant la réalisation apparaît datée en mode docké. Les divers champs de bataille sont très variés, le challenge assez ardu pour satisfaire les plus accros au tactical RPG sur hexagones. Les moins aficionados se tourneront vers la version Steam soldée à 99 centimes, histoire de voir…

5

Critique réalisée sur Nintendo Switch à partir d’un code fourni par l’éditeur

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