Critique : No Straight Roads

Sur Subbacultcha.net, on apprécie vraiment beaucoup les jeux musicaux, à tel point que nous avons rédigé un dossier concernant leur évolution à travers le temps. No Straight Roads n’est pas à proprement parler un pur jeu de rythme, même s’il comporte certaines phases s’appropriant le gameplay de ces derniers, mais incarne vraiment un amour profond pour la musique et les styles musicaux en tous genres. Dans No Straight Roads, on prend en main un duo très rock’n roll, prêt à affronter des adversaires représentant d’autres genres musicaux : EDM, classique, rap … Le jeu semble avoir un énorme potentiel en terme d’originalité. Qu’en est-il manette en main ?

Le titre de Metronomik fait donc la part belle à la musique, donc, en mettant en scène deux protagonistes adeptes du rock pur et dur s’étant mis en tête de libérer Vinyl City du joug de l’EDM. La musique, convertie en énergie, permet en effet d’alimenter cette ville, corrompue au dernier degré par ses dirigeants qui détournent cette source d’énergie. Le décor est planté, sublimé qu’il est par une direction artistique très originale et ultra colorée, ainsi que par des doublages français vraiment sympathiques – quand bien même on notera parfois des soucis de synchronisation labiale. Notre duo devra affronter tour à tour les musiciens phares de Vinyl City, oeuvrant pour la société détournant l’énergie musicale à son profit. 

Chacun de ces adversaires intervient dans le jeu tel un boss de fin de niveau qu’on croirait parfois sorti de  God of War (si tant est que Kratos soit sous hallucinogènes) et qui doit se combattre sous plusieurs formes, parfois gigantesques. Plusieurs étapes sont donc nécessaires pour abattre ces boss, chacun incarnant un style musical : EDM, vocaloid, classique, etc. Avant ces affrontements, il s’agit de déambuler dans les rues de zones que l’on débloque au fur et à mesure de notre avancée dans le jeu, qui permettent d’augmenter son nombre de fans- ce qui se réalise également en effectuant de bonnes “prestations” en combat de boss (une note est obtenue en fin d’affrontement, déterminant le nombre de fans débloqués). 

Car dans No Straight Roads, il est possible de doter Mayday et Zuke d’upgrades temporaires ainsi que de coups spéciaux indispensables pour améliorer ses performances dans les affrontements des musiciens. Ces upgrades s’obtiennent en fonction du nombre de fans que l’on atteint. Les phases urbaines (où l’on se déplace dans Vinyl City avant les “sabotages” – autrement dit les combats) sont sympathiques sans offrir un level design à couper le souffle. Ce qui fait toute la saveur de No Straight Roads, ce sont vraiment les sabotages. Le jeu propose alors des affrontements spectaculaires et variés.

Mais pour atteindre ces musiciens, il faut passer par des zones de plus en plus complexes, chacune étant estampillée d’un niveau. On passe de l’une à l’autre en grindant des monorails de façon assez fun et spectaculaire. Car quand bien même No Straight Roads ne propose pas la réalisation graphique la plus impressionnante qui soit, il peut recevoir l’une des palmes décernées à la direction artistique la plus déjantée de l’année. D’autant que sa bande-sonore est absolument impeccable, et ce dans chacun des divers styles musicaux évoqués par le jeu. N’hésitez pas à consulter notre interview de James Landino, qui a participé à la bande-son du titre. Enfin, on aura apprécié certaines phases de pur jeu de rythme, comme cette joute “rap” où il s’agit de placer des éléments – en l’occurrence des mains – au bon endroit au bon moment, et en rythme.

Là où No Straight Roads peut réellement être critiqué, c’est au niveau de sa prise en main. La maniabilité de Mayday et Zuke n’est pas toujours précise et on peut vraiment reprocher au titre des déplacements un peu laborieux parfois. Mais le jeu est tellement riche en gameplays divers et variés, ainsi qu’en boss originaux à affronter, qu’on peut vite lui pardonner cet aléa. Et puis, quand la musique est bonne …

No Straight Roads offre une expérience des plus originales à laquelle on revient avec plaisir  au long de parties toutes plus déjantées les unes que les autres. Une direction artistique soignée et une bande-son excellente ainsi que des affrontements de musiciens tous plus retors les uns que les autres en font un jeu vidéo à croquer en cette fin d’été. Si on arrive à surmonter une prise en main un peu ardue après quelques parties, on peut finir par se délecter de l’un des jeux les plus rafraîchissants de 2020.   

7

Critique réalisée sur PS4 Pro à partir d’une version fournie par l’éditeur

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