Critique : Wasteland 3

Wasteland… Une licence qui évoque de nombreux souvenirs aux amateurs de RPG, et plus particulièrement aux esthètes du cRPG, ce jeu de rôle spécifique aux ordinateurs, dont Wasteland premier du nom fut l’un des pionniers en terme d’univers post-apocalyptique. Egalement initiateur de la saga Fallout, ce titre – culte, vous l’aurez compris – a vu son second épisode obtenir un excellent succès critique à sa sortie, quelques 26 années plus tard. Très travaillé en terme d’écriture, Wasteland 2 renouait avec la qualité du cRPG passé, proposant des combats au tour par tour saupoudrés d’un humour parfois macabre, mais qui faisait toujours mouche. Wasteland 3 renouvelle-t-il cette recette ? Pas vraiment. Mais c’est tant mieux.

Wasteland 3 place le joueur à la tête d’une escouade de personnages (six au maximum, sans compter les animaux souvent très utiles lors des combats) venant d’horizons différents, mais gérée au départ par  deux rangers de l’Arizona tombés dans un piège tendu dans le Colorado par un groupe d’illuminés, comme on en trouve beaucoup dans les univers post-apocalyptiques. Et le Colorado est l’occasion de renouveler le background et les PNJ du titre de inXile. Un patriarche règne plus ou moins sur la région, quand sa progéniture s’entretue et se rebelle pour prendre le pouvoir. La trame principale du jeu une fois introduite au joueur, il lui faut alors non seulement gérer son équipe, aux éléments interchangeables au fil des rencontres, mais également gérer la base des rangers du Colorado, en lui trouvant un médecin capable de diriger l’infirmerie ou de se faire des alliés parmis telle ou telle faction afin de se créer une armurerie digne de ce nom, entre autres possibilités. 

Il est bien entendu possible de se déplacer en véhicule sur une map assez vaste pour atteindre tel ou tel endroit indispensable à la résolution de la quête principale ou pour découvrir de nouveaux lieux riches en PNJ et en quêtes secondaires, variées à souhait. Au-delà de cette richesse en level design digne de tout bon cRPG qui se respecte, Wasteland 3 propose un travail en écriture simplement exceptionnel. Le travail d’orfèvre réalisé sur la conception des dialogues ou la profondeur des personnages est réellement impressionnant. Le jeu offre une énorme dose d’humour et de provocation, qui souffle comme un vent de fraîcheur sur la production vidéoludique actuelle. 

Il est aussi bien possible d’uriner sur des boules de neige et de les utiliser en combat pour pénaliser ses adversaires que d’être confronté à des situations complètement abracadabrantes. Une chèvre s’offrant aux PJ dans un bordel post-apocalyptique, vous en avez rêvé (ou pas), Wasteland 3 l’a fait ! À l’instar d’un Grand Theft Auto, on se demande souvent jusqu’où vont aller les développeurs d’inXile pour surprendre et provoquer telle ou telle sensation. Excellent point pour le jeu. 

En ce qui concerne le gameplay, Wasteland 3 offre des combats au tour par tour qui raviront les amateurs de tactical RPG, d’autant que le choix des armes et d’upgrades est absolument pléthorique. On se surprend à adorer s’équiper avant d’intégrer telle ou telle zone qui nous fera affronter telle ou telle bande de déjantés dignes de Mad Max. Il est possible dans les niveaux de difficulté au choix de sélectionner les tirs ami ce qui complique énormément la tâche du joueur, bien sûr. Les situations incroyables sont également légion lors des affrontements : les combats successifs contre un gang de clowns tout droit sorti d’Akira offre des moments d’hilarité totale. Ces clowns utilisent en effet des porcs auxquels ils ajoutent des explosifs et qui font office de fous de Dieu (de kamikaze, donc). Tout un programme… 

Comme si ce programme de réjouissances n’était pas suffisant, le titre d’inXile s’offre le luxe d’une OST de qualité et d’excellents bruitages. La musique passée lors des divers affrontements, pleine d’une tension palpable, sublime les combats, collant parfaitement à l’ambiance du jeu. Seule la plastique de Wasteland 3 peut réellement être critiquée. Cette dernière rebutera sans doute les amateurs de jeux flamboyants aux graphismes époustouflants, mais colle pourtant parfaitement à l’atmosphère du jeu. On notera également quelques bugs par ci par là, faisant rebooter le jeu de temps à autre, ainsi que quelques bugs d’affichage : certains éléments de décor (les petits) disparaissent de temps à autre et l’interface d’interaction avec les décors nous demande parfois si l’on veut “parler” à un objet. Les temps de chargement sont également un poil longuets, mais rien de grave au vu de la qualité du jeu dans sa globalité, excellente. 

Wasteland 3 est un excellent jeu de rôle qui ne demande qu’à être parcouru en long et en large et à offrir ses possibilités infinies au joueur avide d’explorer toujours plus ou d’en découdre encore et encore au tour par tour avec des bandes dignes des plus belles productions post-apocalyptiques. On lui reconnaîtra bien sûr quelques défauts, ce qui n’enlèvera absolument rien au très haut niveau d’addiction que l’on ressentira au fil des parties. Extrêmement équilibré dans son gameplay, provocateur et déjanté à souhait dans son écriture, le dernier jeu d’inXile ravira les fans comme les débutants en cRPG.

8

Critique réalisée sur PS4 Pro à partir d’une version fournie par l’éditeur

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