Critique : The Great Ace Attorney Chronicles

Sous ce titre accrocheur se cache une compilation made in Capcom regroupant des spin-offs de la série Phoenix Wright, la célèbre “simulation” permettant de se mettre dans la peau d’un avocat de la défense lors de procès endiablés mettant en scène des protagonistes aussi extravagants qu’ hilarants. Ces spin-offs, The Great Ace Attorney : Adventures et The Great Ace Attorney 2 proposent en protagoniste principal un ancêtre de Phoenix : Naruhodo Ryunosuke. Une compilation à la hauteur des ambitions des fans ?

Le Japon s’est récemment ouvert à l’étranger et les relations diplomatiques avec les grandes puissances occidentales sont parfois délicates. Le premier procès, qui fait office de long didacticiel, voit Ryunosuke se retrouver sur le banc des accusés, dans une situation où il est contraint de prendre sa propre défense, aidé de son ami Kazuma. Les premiers pas d’un maître du barreau ? Le contexte géopolitique et historique a son importance dans The Great Ace Attorney Chronicles, puisque, par exemple, le destin de Ryunosuke dépend grandement des relations entre le puissant empire britannique et le Japon. Notre avocat en herbe, lui, croit bien évidemment en une justice impartiale, sans biais. On notera les références à la Révolution russe également, ou à l’exposition universelle, dans une chronologie pas souvent respectueuse de la réalité historique. Mais on n’est pas dans les statistiques d’un Europa Universalis, donc ne boudons pas notre plaisir.

Car plaisir il y a, à plaidoyer, enquêter, faire des contre-témoignages, apporter des preuves irréfutables, ou encore à confondre de vrais coupables. Les protagonistes du titre de Capcom sont tous plus extravagants les uns que les autres et certaines séquences over the top sont assez drôles. Mention spéciale à la version incompétente de Sherlock Holmes, qui fait en permanence son auto-promotion en utilisant les articles publiés sur sa personne comme carte de visite. On regrettera simplement certaines situations par trop téléphonées. On se retrouve parfois dans une impasse et on se torture les méninges inutilement quand la solution vient d’un nouveau personnage intervenant avec de nouvelles pièces à apporter au dossier, par exemple. C’est dommage. On peut aussi regretter la trop grande facilité des énigmes à résoudre, et surtout le fait que les dialogues soient verbeux au possible, malgré d’excellentes idées narratives et un anglais assez soutenu d’excellente qualité.

En termes de réalisation, ces spin-offs sont tout simplement les plus beaux jeux de la série qui ont été développés. L’aspect visual novel est toujours de la partie, offrant une direction artistique orientée manga / anime du meilleur goût. La bande-son n’est pas en reste, et les thèmes et mélodies proposées collent parfaitement à l’action, imprégnant le cerveau de longues heures après avoir fini une partie. Finalement, hormis les quelques défauts cités plus haut, il est difficile de ne pas conseiller cette compilation, qui captivera le joueur chevronné comme le néophyte de longues heures durant (une soixantaine au total pour venir à bout du jeu).

Capcom, habitué des compilations, offre par The Great Ace Attorney Chronicles l’opportunité aux joueurs occidentaux non-japonophones de découvrir les joies d’un système judiciaire japonais naissant, influencé par les civilisations et puissances étrangères, si tant est que les-dits occidentaux  maîtrisent un anglais d’excellent niveau, car ces spin-offs ne proposent qu’une traduction en anglais (d’excellente qualité, d’ailleurs). Malgré ses quelques défauts, dont celui d’être trop verbeux ou parfois trop trivial dans ses “énigmes”, ne pas conseiller The Great Ace Attorney Chronicles serait mentir au chaland, tant ce jeu se dévore de bout en bout comme on dévorerait un roman d’Agatha Christie sur une plage en été.

7

Critique réalisée à partir d’un code PC fourni par l’éditeur.

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