Critique : Observer System Redux

La sortie de The Medium en ce début d’année 2021 avait suscité beaucoup d’attentes depuis l’annonce du titre des studios polonais Bloober Team. Le jeu a été quelque peu critiqué pour de bonnes et de mauvaises raisons, la principale étant peut-être que l’on attendait mieux de la part des développeurs de Cracovie. Mieux, car en 2017 était publié ni plus ni moins leur chef-d’oeuvre : Observer. Erigé par la critique en monument du Cyberpunk, Observer s’offrait le luxe d’obtenir la sacro-sainte note maximale sur certains sites spécialisés. Cette version System Redux est-elle à la hauteur de la version originale ? 

N’y allons pas par quatre chemins, la réponse est oui, mille fois oui ! Elle se permet de sublimer graphiquement la version du jeu sortie il y a quelques années et d’en améliorer certaines phases de gameplay. Voilà, c’est tout, vous pouvez terminer votre lecture et acheter cette édition sans plus tarder. Si vous êtes néanmoins curieux d’en savoir plus, lisez les quelques lignes qui suivent.

Bloober Team est un studio polonais, et à l’instar d’un The Medium, il situe l’action de The Observer dans la ville QG des développeurs : Cracovie. Une Cracovie de la fin du XXIème siècle, où le transhumanisme et les megacorpos sont monnaie courante. Cet élément géographique n’a l’air de rien comme ça, mais pour les esthètes du jeu vidéo que nous sommes, c’est réellement un élément appréciable, tant déambuler dans les états d’Amérique d’un jeu à l’autre (ce qui concerne même des AAA français, pour ne pas citer Quantic Dreams) commençait à passablement nous lasser. Alors certes, on ne voit de Cracovie qu’un immeuble et sa cour, mais en termes d’ambiance ou de noms de PNJ ça a le mérite d’apporter une touche d’originalité  polonaise au style Cyberpunk, tant géolocalisé aux Etats-Unis.

L’ambiance ultra soignée et réussie du titre, d’ailleurs, est sans doute ce qui justifie principalement de s’y essayer. Des graphismes au sound design en passant par les séquences de connexions neuronales, véritables trips sous LSD, tout est mis en place pour immerger le joueur au maximum et lui faire vivre des sensations exceptionnelles. Tant et si bien que l’on tressaute au moindre coup de tonnerre en parcourant un balcon en extérieur ou en se retournant pour faire face à un PNJ que l’on n’attendait pas à s’être placé derrière nous. La vue à la première personne n’est bien évidemment pas étrangère à la qualité de l’immersion. Le sound design (par pitié faîtes honneur au jeu et mettez un casque audio) atteint réellement des sommets de qualité. Sombres, oppressant, mécanique ou organique, et omniprésents, les bruitages et les bruits de fond sont simplement fabuleux.

Seule réelle ombre à ce tableau enchanteur, l’interface gérant les interactions avec certains éléments du décor manquent d’ergonomie. La vue FPS, quasiment indispensable pour profiter de l’immersion d’un tel titre, se manipule aisément mais dès qu’il s’agit d’ouvrir une porte de placard, les choses se compliquent quelque peu. En effet, il faut appuyer sur la gâchette de droite en visant l’endroit précis avec lequel on veut interagir à l’aide du stick droit et manipuler ce même stick droit pour ouvrir une porte (d’un mouvement vers soi ou inversement). Choix curieux de la part de Bloober Team puisque une pression sur un bouton aurait été plus adaptée.

Doté d’une réalisation sous Unreal Engine à couper le souffle et d’un scénario digne d’une palme au festival de Cannes, Observer System redux est une véritable réussite à qui l’on pardonnera une interface parfois mal pensée. LE jeu cyberpunk à l’atmosphère étouffante de cette année, sans aucun doute. 

8

Critique réalisée sur Xbox Series X à partir d’une version du jeu fournie par l’éditeur

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