Critique : Back 4 Blood

Les années 2000 et 2010 ont particulièrement été marquées par la mode du post-apocalyptique à la sauce zombies / infectés portées qu’elles furent par l’excellent comic book écrit par Robert Kirkman The Walking dead, adapté en série télévisée à succès et décliné en jeux vidéo. Les années 2020 semblent pour le moment hériter directement de cette mouvance (présente depuis plus longtemps – 80’s, 90’s – bien sûr, mais dans un cadre moins mainstream). On ne compte plus le nombre de jeux vidéo mettant en scène des zombies, du AAA au jeu mobile, avec plus ou moins de réussite. La palme revient au titre de Naughty Dog The Last of Us 2, suivi de près par les Resident Evil récents. Ceci étant, les développeurs de Back 4 Blood n’ont pas hésité à reprendre la recette des jeux Left 4 Dead, soit l’affrontement en FPS coopératif de hordes de zombies ayant la particularité d’être beaucoup plus rapide que l’on avait l’habitude de le constater dans d’autres médias, mais en mode post-apocalyptique infesté d’infectés. Autant dire que, pour le joueur plus que blasé par le genre, l’a priori était important et le pari d’autant plus risqué pour Turtle Rock Studios.  

Reprenant donc l’esprit qui avait fait les beaux jours de Left 4 Dead et s’éloignant d’Evolve, Turtle Rock Studios s’attache ici à proposer un gameplay de FPS nerveux car rapide, tactique car coopératif, varié car utilisant un système d’avantages / désavantages, et enfin jouissif car offrant un level design atteignant des sommets qualitatifs. 

Un festin d’infectés

Pitcher Back 4 Blood tient en quelques mots : une équipe de “nettoyeurs” doit vider des zones abondamment peuplées d’infectés afin d’accomplir des missions spécifiques assignées d’un sous-acte à l’autre. Il faudra ici apporter un objet à un endroit précis, là défendre une position, ou encore traverser une zone le plus rapidement possible, car on est poursuivi par une horde démesurée. Ainsi, d’un point de vue narratif, quand bien même les séquences d’action des cinématiques impressionnent par leur mise en scène, on reste plus que jamais sur sa faim. Mais Back 4 Blood brille plus que jamais à d’autres niveaux.

Sur le plan du gameplay, Turtle Rock Studios a de base repris ses fondamentaux : on est en présence d’un FPS coop à quatre joueurs nerveux et un peu tactique bien fichu, quand bien même certains bugs d’IA viennent ternir le tableau. Certains infectés se comportent de manière étonnante et quand on joue en solo, l’IA de nos acolytes perd parfois le Nord. Il m’est arrivé de voir l’un de mes compagnons sauter à répétition dans une boucle infinie, par exemple. Dommage que Back 4 Blood ne propose pas l’IA d’un Halo, me direz-vous ? Certes, mais un infecté a-t-il l’intelligence d’un covenant ?

Un désinfectant pas si classique

Là où Back 4 Blood apporte son lot de nouveautés, c’est dans l’ajout d’un système de cartes à choisir, proposant un choix de désavantages d’abord, puis une panoplie de bonus à utiliser pendant la mission. Classiquement, il est possible de collecter de l’argent sur une mission qui permet un upgrade de matériel dans la mission suivante. Si on perd, on perd à la fois argent collecté, cartes et bonus. Il est possible de recommencer une partie au niveau de la dernière mission ratée, mais sans les avantages acquis.

En terme de level design, Back 4 Blood atteint parfois des sommets, quand bien même l’ensemble est la plupart du temps assez classique, et l’architecture des niveaux est marquée d’une véritable originalité sur certaines missions. Les situations n’en deviennent que plus intéressantes… Côté réalisation graphique et sound design, rien à redire, Turtle Rock Studios a fait du beau travail, comparativement bien plus impressionnant que ne l’a été Left 4 Dead en son temps, et notre Xbox Series S nous aura offert aussi bien de belles textures qu’une remarquable fluidité, indispensable pour ce type de titre.

Si on sort le jeu de son contexte post-apo peuplé d’ infectés vu et revu des dizaines de fois, et que l’on s’attarde sur le game design et le level design de Back 4 Blood, on ne peut qu’être conquis, tant le système d’avantages / désavantages utilisant des cartes permet de faire varier les situations et apporte une replay value certaine. L’éventail des missions proposées permet également d’apporter son lot de variété au titre de Turtle Rock Studios qui offre un level design et une architecture des niveaux atteignant parfois des sommets de créativité. On regrettera par contre quelques bugs et une IA parfois à l’ouest. Back 4 Blood se révèle être un jeu vidéo essentiel si l’on a été conquis il y a plus d’une décennie par la série Left 4 Dead.

8

Critique réalisée sur Xbox Series S à partir d’un code fourni par l’éditeur

Laisser un commentaire