Critique : Children of Morta

Le studio Dead Mage n’en est pas à son coup d’essai en matière de jeu vidéo, et offre cette fois-ci un rogue-like au gameplay de hack’n slash saupoudré d’aspects narratifs. La famille Bergson devra débarrasser la région de la corruption qui la consume en explorant des “donjons” au level design procédural regorgeant d’objets bonus ainsi que d’adversaires en tout genre. La combinaison de ces deux styles de jeu parviendra-t-elle à satisfaire les amateurs de RPG ?

 

Après qu’un narrateur au timbre de voix rappelant de grands moments de jeux de type médiéval-fantastique explique la situation de la famille Bergson, il nous est possible de prendre John en main, et de réaliser à quel point le gameplay du titre est de bonne facture : souple, agréable, on est loin d’un Warhammer Chaosbane qui était un peu trop rigide, par exemple. La possibilité d’esquiver rend ce hack’n slash très plaisant, contre certains adversaires, dont le pattern permet une alternance de la frappe et de l’esquive. Les upgrades disséminés dans les donjons sont extrêmement nombreux : runes, totems, orbes permettent autant de power-ups que les limites de l’imagination des développeurs de Dead Mage.

La grande force de Children of Morta, ce qui le rend réellement addictif est la variété de ce gameplay : les six membres de la famille Bergson ont chacun leur particularité en terme d’attaques simples ou spéciales. Kevin qui a choisi la voie de l’assassin, pourra frapper au corps à corps de plus en plus rapidement à l’aide de ses lames, quand Mark usera de ses poings et pieds pour se débarrasser de ses adversaires dans un style kung-fu et Lucy enverra ses attaques magiques de feu sur tel ou tel gobelin rencontré. Quand un personnage est trop utilisé, il devient fatigué et se voit conféré un malus d’armure si on l’utilise à nouveau. Du coup, le jeu favorise beaucoup l’alternance des gameplays, d’autant que via gain d’expérience il est possible pour un personnage de débloquer un trait familial qui sera partagé avec toute la famille.

 

Moyennant finances, il est également possible de faire progresser toute la famille d’un seul et même élan. L’or récupéré dans les donjons a donc énormément d’importance. Cette progression globale et cette variété forcée des gameplays participent beaucoup à l’attrait de Children of Morta. Dommage qu’il ne soit possible de jouer en co-op que localement, ou que le sound design laisse parfois un peu à désirer. On remarque également parfois du clipping de texture, sans doute lié à l’aspect procédural de la création des donjons. 

 

Graphiquement, le titre de Dead Mage est très plaisant, rappelant dans ses décors des tableaux peints, mais en dégradés de pixels. L’animation des membres de la famille Bergson rappelle celle du “Prince of Persia” de Jordan Mechner, quand ce dernier utilisait un procédé de rotoscopie afin de donner une allure plus réaliste aux mouvements de son personnage.

 

Regorgeant de bonnes idées de game design, Children of Morta offre une expérience de hack’n slash mâtinée de rogue like de très bonne qualité, variée et addictive. Le partage de l’expérience acquise sous la forme des “traits familiaux” est une excellente idée, quand le jeu nous pousse à changer de personnage du fait de la fatigue que connaît un avatar par trop utilisé. Ainsi, le gameplay s’offre le luxe d’être vraiment varié, tant et si bien que l’on revient encore et encore pour faire progresser la famille Bergson en tant que “groupe”, et non pas en tant qu’individu isolé. Les polonais d’11bit Studio ont eu du flair en publiant ce titre de Dead Mage, à l’esthétique pixellisée rappelant parfois certains tableaux de maîtres colorés. Dommage simplement qu’un mode co-op online n’ait pas été implémenté.

Critique réalisée à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PS4

7

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